Professeur Abbé Louis Mpala

lundi 14 décembre 2020

La Lettre à Ménécée, lettre qui se veut un résumé de la doctrine d’Epicure quant à l’éthique, est un discours d’exhortation, de « protreptique » invitant les jeunes gens à philosopher. G. Arrighetti traite la Lettre à Ménécée d’ « un véritable manifeste philosophique, ce que d’un terme technique on appelait alors protreptique »[1].

Pour Epicure, la philosophie est une THERAPIE : elle procure la santé de l’âme et tout homme, tout âge confondu, en a besoin : « Il faut philosopher pour être heureux et malheur à celui qui dit que l’heure de philosopher n’est pas encore arrivée pour lui »[2]. Le jeune a besoin de philosopher « pour rajeunir au contact du bien que la philosophie procure et afin d’être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l’avenir »[3]. Le vieillard est aussi invité à philosopher, cela lui permettra de se remémorer « les jours agréables du passé »[4] afin de rendre agréable le présent ou la vie présente.

Puisqu’il faut philosopher pour être heureux sur la terre, Epicure, de ce fait, nous invite, à travers son disciple Ménécée, à « méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous nous manque, nous faisons tout pour l’avoir »[5]. En effet, tout homme cherche le bonheur. C’est cela l’Eudémonisme.

« Méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur » revient aussi à méditer sur les causes qui peuvent empêcher le bonheur. Voilà la tâche à laquelle Epicure s’adonnera dans cette lettre et pour que Mécène bénéfice de bons fruits des enseignements de son maitre, il doit se convaincre que la philosophie est un mode de vie ayant des exercices spirituels. Et dans cette lettre, Epicure propose quelques exercices spirituels dont : « attache-toi…, médite-les…, regarde-le…, prends l’habitude de penser que… rappelle-toi que… médite donc… médite-les jour et nuit… »[6]. Pierre Hadot s’appesantit sur l’exercice spirituel de la méditation. Méditer, écrit-il, « c’est-à-dire s’assimiler intimement, prendre conscience intensément des dogmes fondamentaux »[7]. J’entends par « dogmes fondamentaux » les enseignements du maitre : « Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les »[8].

Le rôle de la philosophie nous fera voir en quoi consiste la vraie recherche du bonheur ou but de la vie humaine.



[1] G. ARRIGHETTI, ., « Epicure », dans Dictionnaire des philosophes, Paris,

Encyclopédia universalis/Albin Michel, 1998, p. 525.

[2] EPICURE, Lettre à Ménécée, §122, Traduction d’Octave Hamelin (1910) Edition électronique (club, PDF) : Les Echos du maquis, 2011. Disponible sur http://philosophie-accreteil.fr.

[3] Ibidem.

[4] Ibidem.

[5] Ibidem. Je souligne.

[6] Ibidem.§ 123 et 135.

[7] P. HADOT, Qu’est-ce que la philosophie antique ? Paris, Gallimard, 1995p. 191.

[8] EPICURE, op. cit., § 123.

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La Lettre à Ménécée, lettre qui se veut un résumé de la doctrine d’Epicure quant à l’éthique, est un discours d’exhortation, de « protreptique » invitant les jeunes gens à philosopher. G. Arrighetti traite la Lettre à Ménécée d’ « un véritable manifeste philosophique, ce que d’un terme technique on appelait alors protreptique »[1].

Pour Epicure, la philosophie est une THERAPIE : elle procure la santé de l’âme et tout homme, tout âge confondu, en a besoin : « Il faut philosopher pour être heureux et malheur à celui qui dit que l’heure de philosopher n’est pas encore arrivée pour lui »[2]. Le jeune a besoin de philosopher « pour rajeunir au contact du bien que la philosophie procure et afin d’être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l’avenir »[3]. Le vieillard est aussi invité à philosopher, cela lui permettra de se remémorer « les jours agréables du passé »[4] afin de rendre agréable le présent ou la vie présente.

Puisqu’il faut philosopher pour être heureux sur la terre, Epicure, de ce fait, nous invite, à travers son disciple Ménécée, à « méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous nous manque, nous faisons tout pour l’avoir »[5]. En effet, tout homme cherche le bonheur. C’est cela l’Eudémonisme.

« Méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur » revient aussi à méditer sur les causes qui peuvent empêcher le bonheur. Voilà la tâche à laquelle Epicure s’adonnera dans cette lettre et pour que Mécène bénéfice de bons fruits des enseignements de son maitre, il doit se convaincre que la philosophie est un mode de vie ayant des exercices spirituels. Et dans cette lettre, Epicure propose quelques exercices spirituels dont : « attache-toi…, médite-les…, regarde-le…, prends l’habitude de penser que… rappelle-toi que… médite donc… médite-les jour et nuit… »[6]. Pierre Hadot s’appesantit sur l’exercice spirituel de la méditation. Méditer, écrit-il, « c’est-à-dire s’assimiler intimement, prendre conscience intensément des dogmes fondamentaux »[7]. J’entends par « dogmes fondamentaux » les enseignements du maitre : « Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les »[8].

Le rôle de la philosophie nous fera voir en quoi consiste la vraie recherche du bonheur ou but de la vie humaine.



[1] G. ARRIGHETTI, ., « Epicure », dans Dictionnaire des philosophes, Paris,

Encyclopédia universalis/Albin Michel, 1998, p. 525.

[2] EPICURE, Lettre à Ménécée, §122, Traduction d’Octave Hamelin (1910) Edition électronique (club, PDF) : Les Echos du maquis, 2011. Disponible sur http://philosophie-accreteil.fr.

[3] Ibidem.

[4] Ibidem.

[5] Ibidem. Je souligne.

[6] Ibidem.§ 123 et 135.

[7] P. HADOT, Qu’est-ce que la philosophie antique ? Paris, Gallimard, 1995p. 191.

[8] EPICURE, op. cit., § 123.

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dimanche 28 juin 2020

Puisque dans les sociétés humaines les changements majeurs sont souvent provoqués par des facteurs tels que la guerre, la crise économique, le changement climatique, le mouvement social et les pandémies, il importe de penser l’incidence des foules sur l’État et la démocratie en contexte d’exposition des institutions publiques à l’affaiblissement dû à l’enchevêtrement de la crise morale, celle qui se réfléchit dans la corruption systémique et la perversion des gouvernants, et de la crise économique aggravée par la gestion aléatoire de la pandémie de la Covid-19.

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vendredi 22 mai 2020

Nous sommes embarqués dans un devenir dont les accélérateurs sont la science et les technologies numériques aspirées et contrôlées par le capitalisme totalitaire qui s’accommode des autoritarismes politiques. Loin d’être totalement prédictible, ce devenir est instable et incertain. Il charrie des crises et menaces mortelles multiples, des barbaries, d’inimitiés, ainsi que l’ont montré les multiples décisions de frontiérisations, de repli sur les communautés nationales et la rémanence des discours dans lesquels se réfléchit la persistante tentation de déléguer la mort à quelques peuples toujours perçus inférieurs et transformables en cobayes du progrès scientifique et d’affirmation de la puissance. Au-delà de la célébration de la révolution numérique et face aux menaces virales planétaires, notre temps se donne à l’interprétation comme celui de « la crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité, et du coup, la crise du monde encore incapable de devenir monde, la crise de l’homme encore impuissant à s’accomplir homme »[1]. Cette crise constitue un défi à l’intelligence humaine et, particulièrement, à l’institution scolaire en tant qu’espace de production et de transmission des savoirs. Le défi consiste à construire, à l’aide des connaissances disponibles et de toutes les humanités de vie, une nouvelle pensée humaniste susceptible de mettre en conscience la coappartenance de tous les humains à une commune humanité et, ce faisant, la responsabilité de tous face au périssable : la vie, la Cité et la biosphère.

      La pandémie de Covid-19 a obligé les gouvernements, pour garantir la santé de la collectivité, à prendre des mesures exceptionnelles : état d’urgence, assignation à résidence des populations, fermetures des frontières, réquisitions des plateformes, édifices publiques et privées (hôpitaux, logistique militaire, installations sportives, gymnases, hôtels, etc.), déblocages des milliards de dollars, d’euros et de francs en faveur des entreprises et des populations, y compris celles du monde d’en-bas déclassées par le capitalisme. Cette pandémie aura révélé la primauté de l’humain sur l’économie et sur son corolaire, à savoir la recherche effrénée du profit. En somme, l’humanisme unidiversal se pose comme l’incontournable pilier de la politique et la vie apparaît comme sacrée, dans la mesure où l’élan vers une vie bonne est universel.

      Le surgissement et la propagation du virus à partir de la ville chinoise du Wuhan et la rapidité de sa létalité ont bouleversé tant de certitudes philosophiques, scientifiques et technologiques qui servent de levier aux espoirs de l’homme d’être maître de soi, de son corps, de son devenir et du monde, capable de prévision et d’anticipation grâce à l’intelligence artificielle, de se muer en un étant numérique ou un transhumain. L’inaptitude de l’intelligence artificielle à anticiper cette pandémie, à modéliser la vitesse de sa diffusion et les crises subséquentes, dont celles de l’utilité vitale des masques, des matériels de dépistage et des respirateurs en pénurie ou en manque a suscité l’étonnement philosophique et sociologique. L’IA ne pouvait-elle pas prévoir, par exemple, qu’en l’absence de mesure d’isolement immédiat des premiers cas des malades, « les gouvernements déclencheraient malgré eux une crise économique et financière majeure, crise inévitable par des mesures de confinement ? »[2] Quelle est la valeur des innovations des technologies numériques pour l’homme et pour nos sociétés dominées par le capitalisme ?

            La pandémie a remis en question les croyances des hérauts de la rédemption par l’ordo oeconomicus néolibéral postulé, au travers de la formule There is no Alternative (TINA), comme l’ultime option de réalisation générale de la condition humaine et du bonheur. Le ressort de cet ordre est, comme on s’en rend compte désormais, l’ethos sans horizon : l’hédonisme. Cet ordre célèbre un matérialisme spectaculaire et consumériste. Il tend à réduire chaque être humain en une matière calculable et calculant et, somme toute, en esclave des objets qu’il fabrique, possède ou poursuit. En l’espace d’un trimestre, se sont révélés l’illusoire maîtrise humaine de la matière, l’égalité et la finitude des corps, les failles de la gouvermentalité qui cautionne la souveraineté de l’économique sur le politique, du marché sur l’humain, entraînant l’État à se désengager du devoir de protection sociale, de garant du vivre-ensemble et du bien-être collectif


[1] Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle, Paris, Fernand Nathan, 1981, p. 345.

[2] Olivie Duha, « Covid-19 : où est passée l’intelligence artificielle ? », Les Échos. www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-covid-19-ou-passee-lintelligence-artificielle-1199557 [Le 30 avril2020].

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La planète terre est de plus en plus menacée par des crises provoquées par les humains qui en ont les moyens, notamment le bloc des pays occidentaux. Si ces derniers s’en sont toujours sortis victorieux et l’Afrique toujours meurtrie, cette fois-ci, la menace frappe le cœur même de la civilisation occidentale dominante. Ce texte résulte de nos spéculations que nous qualifions d’osées parce que risquées à partir de l’observation, à partir des médias, des attitudes des uns et des autres humains face à cette guerre asymétrique que livre à l’humanité un ennemi insaisissable, opérant dans une clandestinité obscure, indétectable par les puissants engins d’espionnage et de guerre mis au point par les humains. 

Le contexte

Coronavirus, particule vivant minuscule et invisible à l’œil nu, désenchante même les plus arrogants des humains. Cet ennemi inattendu, probablement produit des excès humains, sera certes vaincu au prix des moyens financiers et scientifiques déployés, mais le virus ne laissera probablement pas le monde inchangé. Il augure, vu les paramètres en présence, des changements certains dans le sens d’une éventuelle révolution dans le Système-Monde. Il pourrait s’agir, à n’en pas douter, d’un bouleversement des positions hiérarchiques des blocs hégémonistes, augurant, probablement, le déclin fort perceptible de l’Occident (avec en tête les USA) après cinq siècles de domination globale et sans partage du monde, au profit d’une montée imparable de l’Orient (avec en tête la Chine émergente).

Les nombreux fanatiques (surtout africains) d’un Occident cru hyperpuissant parce qu’outrancièrement techniciste parlent déjà de la fin des temps. Mais ceux qui veulent raisonner froidement, lisent plutôt, dans ce qui se passe aujourd’hui, les signes des temps qui présage du passage de l’ère de l’hégémonie occidentale judéo-chrétienne à l’ère d’un nouvel ordre mondial consacrant la chute des uns en faveur des autres, notamment les Orientaux qui avaient, eux aussi, ployé sous le joug d’une européanisation sanglante et ruineuse du monde, mais dont ils ont su tirer des avantages stratégiques.

La présente réflexion, qui vient peut-être trop tôt, se veut modestement spéculative sur la crise suscitée par l’immixtion par surprise du coronavirus dans un monde déjà en pleine bousculade. On essaie d’abord de faire le constat des limites humaines face à une nature créée hostile contre l’homme, mais aussi de la capacité de l’intelligence humaine de transformer les hostilités de la nature, faites de crises et de chocs, en opportunités de mutations positives pour autant que l’homme profite de ces occasions pour déployer plus d’activités cérébrales cognitives. On tente par la suite de faire une projection virtuelle de ces bouleversements (déjà) perceptibles d’hégémonie au profit de ceux qui, très dynamiques, ont triché ou plagié ce qui fait la force de l’Occident dominant, en l’occurrence la techno-science d’origine européenne, au moment même où ce même Occident se découvre vieilli, fatigué, constipé et jouisseur.

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vendredi 31 mai 2019

Comment rendrais-je Hommage à mes formateurs et Maîtres Akenda et Ndumba, si ce n’est par un article prolongeant la pensée d’un d’eux !

Je parle, ces derniers, du prosôponisme comme une philosophie de l’histoire fondée sur la rencontre. Or l’article du philosophe Ndumba, « Afrocentrisme » et inter culturalité, s’inscrit en faux contre « deux narrations de l’histoire de l’Afrique : la narration eurocentriste et la narration afrocentriste ».[1] Ces deux narrations sont des visions et orientations  différentes sur l’Afrique quant à ce qui concernent son histoire, ses civilisations, ses langues et son avenir politique.

Comme le philosophe Ndumba s’interdit de se constituer en arbitre dans ce différend et se permet de poser quelques questions sur la place de l’Afrique dans le mouvement universel de la pensée [2], je commencerai par exposer sa pensée, et ce en partant des paradoxes de la pensée philosophique, en passant par lire « Afrocentrismes » dans une vision d’interculturalité et en terminant par une nouvelle orientation de pensée et de la praxis en Afrique. C’est après que je présenterai une nouvelle narration du monde avec le philosophe Ndumba.



[1] G. NDUMBA, « Afrocentrisme » et inter culturalité, dans Philosophie africaine. Bilan et perspectives. Actes de la XVe semaine philosophique de Kinshasa, du 21 au 27 avril 1996, Kinshasa, FCK, 20012, p.243.

[2] Ibid., p.244.

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mardi 23 octobre 2018

La  philosophie prosôponiste du langage se fonde sur la philosophie de la rencontre (L. MPALA Mbabula : 2016) dans laquelle la personne, l’être humain est au centre, car il est toujours en face de l’autre être humain ; or l’être humain  est homo loquens, un sujet parlant, toujours « un être face aux yeux d’autrui, face tournée vers l’autre, en relation, en rapport avec autrui, être-en-communion » (Le personnalisme : 2006). Et  l’humilité est requise parce que « lorsqu’il s’agit d’union ou de rencontre, tout complexe de supériorité doit nécessairement disparaître » ( P. TEMPELS, cité par L. MPALA Mbabula :2016). Un  principe anthropologique, à savoir « un être humain ne pourra jamais se perfectionner ou renforcer son être tant qu’il reste seul [car] créés dépendants les uns avec les autres [et n’accomplissant son] être que dans une vie interpersonnelle » (P. TEMPELS, cité par L. MPALA Mbabula :2016), fonde le prosôponisme. La  Rencontre étant liée aux concepts d’amour, de don libre, du respect absolu de la liberté de l’autre, de bienveillance, de confiance, d’amitié, de « oui » réciproque, prononcé par les deux êtres entièrement libres, est à la source du « Toi-et-Moi » engendrant le « nous » ; ainsi la rencontre a un « caractère destinal », selon Cécile Duteille. Elle  est « destinale » au sens où « elle destine les protagonistes à une manière d’être, sans précédent pour eux. La rencontre apparaît comme l’événement qui redistribue les possibles. Elle est le « moment axial » à partir duquel la vie ne sera plus jamais la même » (C. DUTEILLE : 2003). En effet, dans une rencontre authentique, on n’y est jamais spectateur de ce qui nous arrive, mais on s’y retrouve entièrement impliqué.

La rencontre dont nous parlons a lieu surtout grâce au LANGAGE. C’est ici que la philosophie prosôponisme ne se veut pas être en deçà et au-delà des structuralismes (. F. WALL : 1968), mais par-delà. Loin de parler de l’avant et de l’après des structuralismes, notre philosophie veut se situer par-delà les conflits des structuralismes, et ce pour avoir suivi le conseil de Jean-Baptiste Fages (J.-B. FAGES : 1968a) : ne pas confondre l’analyse linguistique (structurale) de la langue et l’approche philosophique de la langue et sur ce point Ferdinand De Saussure est clair : « Il faut choisir entre deux routes qu’il est impossible de prendre en même temps ; elles doivent être suivies séparément » (F. DE SAUSSURE : 1969).  De ce fait, nous serons capable d’apprécier Ferdinand De Saussure à sa juste valeur quand il donne l’objet formel de la linguistique et ainsi il arrive à séparer la langue (ce qui est social) de la parole (ce qui est individuel)( F. DE SAUSSURE : 1969) (distinction sui generis) tout en veillant à affirmer leur caractère dialectique (« il y a donc interdépendance de la langue et de la parole » (F. DE SAUSSURE : 1969)).

               La philosophie prosôponiste du langage exploitera les concepts de langage, langue, parole et signe tels qu’ils sont définis et explicités par F. De Saussure, et ce sous l’angle philosophique et non linguistique. Aussi serons-nous à même de nous démarquer de Mikhail Bakhtine alias Volochînov aveuglé par le marxisme prélogique qui lui fait voir dans tous les signes une idéologie et qui nie la dialectique entre Langue et Parole chez De Saussure(M. BAKTHINE : 2009 ) comme s’il n’a pas lu l’auteur. Oui, beaucoup parlent et enseignent de F. De Saussure sans l’avoir lu. Ceci vaut aussi pour le cas de Karl Marx.

               Les sujets parlants sont interactifs dans la philosophie prosôponiste (rejet des structuralismes) et les différents rôles de la langue et de la parole exprimant tant bien que mal la pensée y seront mis en exergue, car il y va de la destinée de la rencontre destinale.

 

Mots clés :

            Langage, langue, parole, signe, philosophie prosôponiste, F. De Saussure, M. Bakhtine, rencontre, philosophie de la rencontre, structuralismes,

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Résumé : la mondialisation néolibérale a pour plusieurs acteurs parmi lesquels l’Etat et les entreprises occupent la première place. Nourrie de l’idéologie de l’économisme et de l’utilitarisme, soutenue par la révolution conservatrice du tandem Margaret Thatcher et Ronald Reagan et mise en pratique par le Consensus de Washington, la mondialisation néolibérale trouve dans les entreprises un acteur important remettant en question le rôle traditionnel de l’Etat et contraint ce dernier à redéfinir le concept de frontière et à s’adapter à la cadence  de ses pas.

Mots clés : mondialisation, entreprise, Etat, acteur, idéologie, interdépendance, souveraineté, paradigme, hyperglobaliste, sceptique, transformationaliste.

 

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lundi 22 octobre 2018

La question de la géophilosophie est étroitement liée  à celles de l’espace, du territoire, des frontières et de l’identité. Platon, Aristote, Kant, Derrida, etc. philosophes de leur temps et de leur espace. La spatialité des frontières telle qu’abordée par Michel Foucault et Gilles Deleuze  démontre que l’espace lui-même est une préoccupation de la philosophie depuis ses débuts (Conry 2012 : 7). Sur le plan politique, la géophilosophie  se rapporte au territoire et à la territorialité ; les frontières elles-mêmes sont les formes limites propres aux territoires politiques (Conry 2012 : 7 et 9).

L’on pourrait donc convenir que même les philosophes sont de quelque part et d’un temps, mais le sentiment d’appartenance ne conduit-il pas à la caractérisation et à la catégorisation  ?

Au-delà de tous les débats  liés  aux questions de territorialité et des frontières, questions caractéristiques de la  géopolitique qui ont fait émerger beaucoup de réflexions  en sciences politiques sur la création des zones ou des espaces, les questions philosophiques, elles, depuis Michel Foucault et Gilles Deleuze  reviennent sur la nécessité de penser ces frontières.  En effet, «  les sciences politiques se constituent sur l’exigence d’un savoir positif. Cette exigence implique de faire du politique une activité ou une zone spécifique définie par son aspect de construction institutionnelle dans une totalité plus complexe.  Zone spécifique qui doit être analysée à partir d’un découpage artificiel par rapport à d’autres sphères comme l’économique, le religieux, le culturel… (Conry 2012  : 17).

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vendredi 15 juin 2018

Résumé Cet article se donne pour tâche de « vérifier » si le philosophe Pascal Koba Bashibirira a « raison » de déclarer « fausse » l’émancipation ou la libération de la femme que Simone de Beauvoir propose en se prenant comme le modèle que toutes les femmes peuvent imiter. Pour exposer et apprécier sa pensée, la triangulation méthodologique faite de l’herméneutique philosophique et de la critique a été d’un apport appréciable. De ce fait, les notions de l’écologie de l’esprit et de l’écologie de l’action m’ont permis d’inviter Koba à mettre un peu d’eau dans son verre de vin gynosophique et je le prie de recourir à l’intropathie, une des méthodes qu’il adopte ou préconise, pour ne pas dresser le siège des féministes dans l’enfer. De ce fait, on comprendra pourquoi il qualifie de « fausse » la libération de la femme prônée par Simone de Beauvoir et on appréciera, à juste titre, ma critique faite à la critique gynosophique contre Simone de Beauvoir dont la thèse soutenue a une écologie de l’action remettant en cause la survie de l’espèce humaine au cas où toutes les femmes du monde « nieraient » la maternité en l’imitant. Mots clés : gynosophie ; écologie de l’esprit ; écologie de l’action ; maternité ; féminisme ; intropathie.

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vendredi 9 décembre 2016

Placé dans un champ pastoral des études supérieures et ayant pour mission de former les formateurs des élèves, le R.P.Pierre Paul GODENIR, transfiguré par la foi pédagogique qui se révéla être un élan à cherchant à accomplir sa mission dans son existence temporelle, et ce grâce à la profondeur de la liberté qui conjugue avec les idées d’innovation nourrie à l’esprit d’association d’idées fécondée par l’observation ;purifiée par le réseautage et réconfortée par l’expérience qui rend sage, le R.P.Pierre Paul GODENIR- disais-je, fut un Pasteur qui avait compris le sens et l’essence de l’éducation, objet de la Pédagogie.

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De ce qui précède, vous comprendrez pourquoi il faut Un nouveau programme et non mon Programme de Gotha. L’intelligentsia moderne, attaqua-t-il, correspond à ce que mon petit fils italien Antonio Gramsci appelait intellectuels organiques. Tous sont au service du système et non indépendants. Ils ne peuvent plus indiquer le Sens, la Direction, le Moteur et les Acteurs de l’Histoire. Qui en profite ? Le système qui les finance. Encore une fois, l’infrastructure détermine la superstructure. Mais ça dépend ! Cette expression nous l’avions utilisée car selon les circonstances on peut vivre l’inverse ; c’est là a eu lieu avec l’Etat de Providence avec les trente glorieuses. Oui, en ce temps-là la politique déterminait l’économie. La Révolution conservatrice du tandem THATCHER et REAGAN a tout bouleversé. Il n’y a plus d’idéologues pour une alternative. Aussi longtemps qu’on n’écrira pas sur le capital sans avoir un capital comme cela fut mon cas, l’intelligentsia moderne, au nom du ventre, vend sa tête et au nom de l’argent il est au service du système.

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Placé dans un champ pastoral des études supérieures et ayant pour mission de former les formateurs des élèves, le R.P.Pierre Paul GODENIR, transfiguré par la foi pédagogique qui se révéla être un élan à cherchant à accomplir sa mission dans son existence temporelle, et ce grâce à la profondeur de la liberté qui conjugue avec les idées d’innovation nourrie à l’esprit d’association d’idées fécondée par l’observation ;purifiée par le réseautage et réconfortée par l’expérience qui rend sage, le R.P.Pierre Paul GODENIR- disais-je, fut un Pasteur qui avait compris le sens et l’essence de l’éducation, objet de la Pédagogie.

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mercredi 24 octobre 2012

Des études ont également démontré l’importance de cette implication.  Celle de PERMETOMODE (2006 : 9) montre que les enseignants, impliqués à autant de prise des décisions, se sentent plus motivés, désirés, satisfaits et de moral élevés. Tandis que ceux qui sont privés de la prise des décisions se sentent moins motivés, moins satisfaits et ont un moral bas au travail.  Il est donc important pour tout administrateur scolaire d’être sensible à collaborer avec les enseignants. Car, les discussions des choix possibles entre la direction et les enseignants ne peuvent que viser l’atteinte des buts et des objectifs de l’école, et ainsi avoir des effets sur les performances non seulement des enseignants, mais aussi des élèves.  L’implication dans la prise de décision collective explique en effet moins de 3% des différences totales de performances entre école selon DUMAY ( DUMAY et DUPRIEZ, 2009 : 81).

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dimanche 1 août 2010

Le primat de l’image s’accompagne d’un autre défi, celui de la spiritualisation du deuil. Ce dernier est devenu un moment de nouvels habits et celui de défilé de modes. C’est le temps de la « théâtrisation ». Les chrétiens postmodernes attendent le temps de deuil pour étaler leur richesse et la messe de suffrage est devenue un culte sociologique. On lit rarement la tristesse sur les visages des gens et chacun attend l’enterrement pour boire et non pour secourir la famille éprouvée. Le deuil n’est plus le temps fort pour méditer sur le mystère de la mort et pour contempler le Christ vainqueur de la mort. L’Eglise a le devoir de lever ce défi par une évangélisation appropriée où l’on parlera de l’image publicitaire, de l’image télévisuelle, de l’image virtuelle, de l’« l’image de marque » intellectuelle, religieuse politique, industrielle. Cela exige que l’Eglise envoie aux études des prêtres et laïcs pour une formation appropriée. Le discours selon lequel les prêtres sont moins nombreux, oublie le verdict de Jésus : le champ est vaste et les travailleurs sont moins nombreux. Ceux-ci, moins nombreux, doivent être formés dans les différents champs pastoraux. Il y va de la nouvelle évangélisation à l’ère de la postmodernité.

 

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