Professeur Abbé Louis Mpala

samedi 2 septembre 2017

De prime abord, nous signalons que la démocratie est une affaire d'hommes. Elle n'est pas un cadeau à offrir ou à recevoir sur un plateau d'or. Projet, la démocratie l'est. Elle n'est pas un "déjà-là", elle est un "pas- encore", i.e. une conquête. Autrement dit, partout où elle semble être un modus vivendi, elle est en-deçà de ce qu'on attend d'elle. Ceci ne peut surprendre pour la simple raison que la démocratie ne peut être que ce que les hommes sont et veulent être. A ce niveau, nous émettons à la même onde qu’Anne Baudart pour qui « les hommes – individus et peuples – ont le choix de régresser ou de progresser, de choisir la liberté ou la servitude, les lumières ou la barbarie. Leur démocratie sera ce qu’ils en feront. Elle sera leur œuvre et à leur image : chemin de leur libération ou de leur aliénation »[1].



[1] A. BAUDART , Qu’est-ce que la démocratie, Paris, Vrin, 2005 , p.71.

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L’essai Mode et célébration du présent du jeune philosophe Ignace Kabulo Mwaba suscite un débat de mise au point : peut-on parler de l’Afrique postmodernisée et hypermodernisée sans savoir si l’Afrique a été modernisée ?

le projet moderne fait de l’idée de progrès son levier pour tenir la promesse de l’émancipation de l’humanité. Cette émancipation exigera, par ailleurs, une remise en question des croyances et provoquera un déracinement culturel, une rupture d’avec la tradition. Ainsi, c’est un nouveau « vouloir vivre-ensemble », qui sera instauré.

Ce projet moderne créera ce que d’aucuns ont appelé l’évidence moderne qu’est l’unification,  la « Reductio ad unum »[1]. Cette unification ou universalisation s’observera dans tous les domaines, mais d’une manière schématique, elle sera particulièrement visible pour ce qui concerne le politique, le social, l’économique et l’idéologie.

C’est sous l’angle du projet moderne que l’idéologie de la colonisation qui se donnait une bonne conscience en voulant apporter la « civilisation » pourra être bien comprise.

 Mue par l’idéologie de la Reduction ad unum, celle de rendre le monde entier un, homogène, et ce  à partir de l’Occident, la colonisation travaillera pour  l’universalité des communautés, et cette fin justifiera tous les moyens qu’elle mettra en œuvre. Pour lui, il s’agira de l’émancipation  de l’humanité en partant du  culte du nouveau et de l’originalité, en inculquant l’idée de dépassement pour atteindre  le progrès. Ce dernier est à la source de la Civilisation qui se concrétisera dans plusieurs domaines (politique, social, économique, religieux). Ce sera le temps de Métarécits[2]. On  rasera les royaumes africains, on sapera l’autorité politique traditionnelle et l’école sera l’appareil étatique le plus puissant qui produira des « évolués » qui mangeront avec des fourchettes comme des Blancs, qui parleront comme des Blancs, s’habilleront comme des Blancs, se coifferont comme des Blancs, riront comme des Blancs, etc. Bref, les Blancs étaient (et sont encore ?) la mesure de toutes choses.



[1] COMTE, A., cité par MAFFESOLI, M., Notes sur la postmodernité. Le lieu fait lien suivi de La hauteur du quotidien. A propos de l’œuvre de Michel Maffesoli, Paris, 2003, p.21.

[2] Le concept de métarécit est de  J.-F. LYOTARD, La condition postmoderne, Paris, Flammarion, 1979.

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jeudi 31 août 2017

LE MYTHE N'EST PLUS REDEFINI COMME ON ENSEIGNE DANS DES ECOLES OU DES UNIVERSITES. DECOUVREZ LA NOUVELLE THEORIE ET LE LIVRE DE KALOLA SERA BIENTOT PUBLIE AUX EDITIONS EDILIVRE DE PARIS

L´«école de Lubumbashi » du mythe qui a la prétention de proposer une nouvelle théorie de mythe (avec un grand M) a pour promoteur ou initiateur le philosophe congolais Jean-Pierre Mayele Ilo. Le théologien Paul Kalola Bupe en est l´épigone ou mieux un associé scientifique évitant le mimétisme.

Son deuxième livre qui a pour titre La valeur du mythe se donne pour tâche de proposer une valorisation du mythe à partir de sa définition convenable, alors que Jean-Pierre Mayele Ilo, dans son ouvrage Statut mythique et statut scientifique de la gémellité. Essai sur la dualité (Bruxelles, Ousia, 2000) s´est refusé de définir le mythe et a opté pour sa description.

De prime abord, l´auteur Paul Kalola Bupe dans son approche définitionnelle du Mythe, fustige l´impasse de la conception narrativiste du mythe dans laquelle persiste la confusion entre mythe et mythologies, mythe et rite, mythe et temps, mythe et vérité. Voilà pourquoi, il se donne pour tâche d´opérer une distinction entre mythe et mythologie et ce dans un premier temps. Après avoir traduit devant le « Tribunal mythique » les Marcel Detienne, les Lambros Couloubaritsis, les Jan Assmann, les Edmond Ortigues, Les Jean Laude, les Manfred Görg et les Jean-Pierre Mayele Ilo, l´Auteur rend son verdict : « En somme, il appert que tous ces sept auteurs partagent la conviction de l´impasse d´une définition narrative du mythe (…) : la première catégorie comprenant M. Detienne et L. Couloubaritsis reste sur le plan littéraire (…)  et les deux auteurs ne semblent pas envisager la possibilité d´entrevoir une conception du mythe au-delà de ce niveau littéraire. La deuxième catégorie est représentée par J. Assmann et E. Ortigues (…). Ils démontrent que le phénomène mythe déborde la littérature orale ou écrite. Pourtant, chose regrettable est que tous les deux tentent de maintenir le récit mythologique comme étant la forme complète ou parfaite du mythe (…). Les trois derniers composant la troisième catégorie sont J. Laude, M. Görg et J.-P. Mayele Ilo (…). Si M. Görg attribue encore au mythe un trait narratif élémentaire, les deux autres ont l´audace de surmonter une fois pour toutes le poids de la tradition narrative immémoriale et de tirer la conséquence logique que le mythe dans toute son ampleur ouvre la voie à une diversité des formes mythologiques narratives et non-narratives, littéraires et extra-littéraires, mais toutes légitimes. Aucune ne vaut plus que les autres ».

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vendredi 9 décembre 2016

La méthode est l’ensemble des règles ou idées directrices  pour conduire raisonnablement, logiquement nos pensées. En d’autres mots, c’est la VOIE À SUIVRE pour atteindre le but qu’on s’est fixé.

Nous ne sommes pas sans savoir que la définition de la méthode et des techniques pose problème. Grawitz  en fait écho.

Notre définition ci-haut citée pourrait être qualifiée de philosophique, mais elle est la plus simple et la plus claire, pensons-nous. On adopte la méthode après avoir répondu à cette question : « Comment arriverai-je à atteindre le but que je me suis assigné ? » En d’autres mots, quel chemin ou voie dois-je emprunter pour atteindre mon but ? Ainsi, on aura à choisir parmi les nombreuses « VOIES », mais il faut choisir la meilleure ou celle qui correspond à son travail[1].

Chaque méthode peut avoir des étapes ou des moyens dont elle se sert dans l’ensemble. Ceux-ci sont appelés techniques. Et c’est à ce niveau que Madeleine Grawitz devient intéressante quand elle écrit que « ce que l’on peut dire, c’est que la technique représente les étapes d’opérations limitées, liées à des éléments pratiques, concrets, adaptés à un but défini, alors que la méthode est une conception intellectuelle coordonnant un ensemble d’opérations, en général plusieurs techniques (…). Les techniques ne sont donc que des outils, mis à la disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but »[2].

MWENE Batende est plus explicite quand il affirme que « les techniques de recherche constituent des outils d’investigation scientifique, des instruments de travail primordiaux auxquels les chercheurs recourent au début et au cours de leur recherche. Ils leur servent à la collecte, au dépouillement, à l’interprétation et à une première analyse des données empiriques indispensables à la démarche scientifique du second niveau, c’est-à-dire du travail sur les matériaux collectés, de l’exploitation scientifique des données rassemblées sur le terrain. Parmi ces techniques, nous pouvons citer : les interviews(…), l’observation (…), les techniques d’échantillonnage (…) »[3].

 La méthode, devons-nous le retenir, utilise et organise les techniques.



[1] Il est intéressant à ce propos de lire KALELE-KA-BILA, Cours de méthodologie sociologique. Comment découvrir la méthode qui convient le mieux et comment l’appliquer correctement d’un bout à l’autre de son analyse ? Lubumbashi, Labosa, s.d. . Dans ce cours, KALELE s’inscrit en faux contre la définition de la méthode proposée par PINTO et GRAWITZ, et suggère la suivante : « La méthode est une opération intellectuelle de traitement des données relatives à une réalité sociale étudiée en fonction d’un objectif précis ; opération qui, pour être véritablement scientifique et efficace, doit tout au long de ce traitement, tenir constamment compte de la double essence et du fait social et de l’objectif poursuivi » (Ib. p. 44) . C’est nous qui soulignons. Etant dans le domaine sociologique, cette définition vaut son pesant d’or, mais pour le domaine biologique, physique et mathématique, elle est limitée. Voilà pourquoi l’on doit être souple quand on doit définir la méthode.

[2] M. GRAWITZ, ., Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1979, p. 345-346.

[3] MWENE Batende, Quelques aspects des principales méthodes de recherche dans les sciences sociales, dans Problèmes de méthodes en philosophie et en sciences humaines en Afrique. Actes de la 7ème  Semaine Philosophique de Kinshasa du 24 au 30 avril 1983, Kinshasa, FTC, 1986, p.157.

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De ce fait, l’ouvrage vise certains objectifs pédagogiques se situant à trois niveaux, à savoir le savoir, le savoir-faire et le savoir être.

 

Au niveau du savoir, une fois informé sur les moyens de réaliser un travail scientifique, l’étudiant sera capable de trouver les endroits où il doit aller chercher les moyens pouvant l’aider à réaliser son travail scientifique. Cela sous-entend que l’étudiant a acquis des connaissances théoriques et il est muni d’un vocabulaire approprié. 

 

Au niveau du savoir-faire, l’étudiant sera capable de concevoir, d’élaborer et de présenter un travail scientifique selon les normes académiques. En effet, « la recherche est précisément l’ensemble des activités qui concourent à la production des connaissances nouvelles, critiques et autocritiques… »[1] et la production de nouvelles connaissances commence avec la conception. Tout relève du savoir-faire. Ce dernier se constituera grâce  aux efforts personnels de la recherche en consultant les documents portant sur un sujet scientifique, en sélectionnant les informations relatives au sujet ; et le savoir-faire se confirmera quand le chercheur sera à même d’évaluer ses informations acquises, de bien présenter les résultats de ses recherches, et ce en appliquant les normes ou directives quant à ce qui concerne la présentation d’un travail fini. C’est à ce niveau que le savoir être s’avère nécessaire. 

 

Au niveau du savoir être, l’étudiant sera capable de faire montre d’un peu d’érudition, mais surtout se découvrira scientifique, et ce à travers  son  esprit critique, rigoureux et se fera reconnaître comme  homme d’exactitude et d’honnêteté intellectuelle (ex : refus du fraude scientifique), homme sans orgueil mais ayant l’humilité scientifique.



[1]   C. DIMANDJA Eluy’a Kondo, Préface  au    M. BINDUNGWA Ibanda, Comment élaborer un travail de fin de cycle ? Contenu et étapes, Kinshasa, 2009, p.7.

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mercredi 23 novembre 2016

Née de l'étonnement, la philosophie se présente comme un patrimoine de toute l'humanité. C'est ce que l'auteur de cet ouvrage rappelle en se fondant à la littérature et qui le fonde à poser son paradigme de l'hommocentrisme en ce que cette humanité est caractérisée par diverses cultures et où les hommes sont préoccupés par des questions existentielles telles que "qui suis-je? D'où viens-je?Pourquoi la présence du mal? Qu'y aura-t-il après cette vie ?" S'agissant de la philosophie africaine, l'auteur rappelle que depuis la publication de La philosophie bantoue par le missionnaire Placide Tempels, un débat s'est engagé,qui peut être explicité en suivant la dialectique hégélienne constituée d'une thèse, d'une antithèse et d'une thèse. Professeur J-P. BOKANGA Itindi

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dimanche 3 avril 2016

Qui sommes-nous? Quelle est notre identite? Ou allons-nous? Le sage-fou Nietzsche a legue son "marteau" a la postmodernite non pour ausculter nos valeurs africaines, non pour ecouter l'harmonie de leurs sons, non pour les sculpter en leur donnant une forme emancipatrice, mais pour les detruire par une transvaluation, que dis-je, par une transpersion defiguration par laquelle valeur devient pature et tradition deraison. Pourquoi? Parce que le crepuscule des idole est la et l'africain a tout interet a se sentir mieux quand "l'autre" lui octroie une identite qui nie meme "son sol natal". Que faire? That is the question ou quaeretur.

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La violence est-elle inscrite dans la nature humaine? Et qu'est-ce que la nature humaine. Des philisophes, des psychologues ont forge des theories pour apprehender la violence mais aucune d'elles ne la tient par "les cornes". Est-elle a confondre aux concepts peripheriques comme l'agressivite, la force, la contrainte, l'autorite, etc.? Non.Alors qu'en est-elle? That is the question ou quaeretur.

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samedi 6 février 2016

EDILIVRE vient de publier mon livre intitulé Pour une nouvelle narration du monde. Essai d'une philosophie de l'histoire. Prière de commander ce livre à cette maison d'édition se trouvant à Paris.

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dimanche 6 octobre 2013

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Moïse KATUMBI Chapwe et Augustin KATUMBA Mwanke/LIVRE/ Nakalebalika paliba KATUMBI Chapwe Moïse naba KATUMBA Mwanke Augustin

Livre écrit en cibemba, Nakalebalika paliba KATUMBI Chapwe Moïse et KATUMBA Mwanke Augustin se veut un essai sur les deux hommes du Haut-Katanga qui ont montré à tous les Congolais qu'il est avantageux de construire chez soi et de faire développer nos villages. Ce livre s'adresse à tout celui qui sait lire le cibemba et il est aussi un livre didactique ou un manuel car il peut servire à tout celui qui veut apprtendre aux autres et aux siens la sagesse bemba. En effet, les chapitres sont constitués des proverbes.

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vendredi 4 octobre 2013

PREFACE

La recherche scientifique et la présentation du fruit de cette recherche se font suivant des exigences strictes de fond et de forme. Le fond concerne la méthodologie qui circonscrit la manière d’aborder un objet de recherche selon le point de vue adopté par le chercheur ; elle est particulière à chaque discipline scientifique, ou à toute recherche qui se veut telle. La nature de l’objet de recherche est pour beaucoup dans la mise en place de la méthode, car c’est elle qui impose au chercheur d’adapter à lui l’ensemble de procédés ou de techniques pour l’aborder. Quant à la forme, elle est l’art de présenter conformément aux conventions établies le résultat obtenu, de le partager avec ses pairs ou avec le lecteur anonyme. Elle devrait être uniforme, car c’est un exercice essentiellement technique qui n’est pas propre à chaque discipline scientifique, mais qui se fait suivant des écoles qui existent. Une certaine logique, doublée du principe d’uniformité, y joue plus que l’intuition, doublée du principe de cohérence, qui a une place prépondérante dans la conduite d’une recherche. La méthode se conçoit, et la présentation s’apprend. L’une et l’autre s’appliquent.

C’est cet apprentissage, en vue d’une application rigoureuse, que l’auteur de cette « brochure » propose à tous ceux qui ont à « rédiger un travail scientifique » et/ou à présenter publiquement sur un support papier ou autre le fruit de leurs réflexions ou de leurs recherches dans un domaine quelconque. Il intéresse particulièrement les « étudiants » des trois cycles du niveau supérieur et universitaire, qui ont systématiquement des travaux à présenter dans le cadre de leur cursus académique. Toutefois, les professeurs y trouveront sûrement l’occasion de s’y ressourcer en vue d’apprendre davantage et d’enseigner eux-mêmes des techniques nouvelles en vigueur, exigées par l’évolution technologique, principalement celle dont témoigne l’incontournable outil informatique. Or, malgré ses époustouflantes performances incessantes, celui-ci ne se substituera jamais à l’intelligence humaine qui l’a mis sur pied et continue de le gérer. Dans le domaine de l’apprentissage d’une technique, les yeux et la mémoire sont requis plus que l’intelligence : voir (comment ça se fait) et appliquer (correctement ce qu’on a vu (faire)). Car il est ici question de « directives » et non de « conseils », la vocation de la brochure étant d’être un « guide ». Ce qui requiert de la part de l’auteur ou de l’enseignant lui-même, une possession et une maîtrise de l’information, qu’il donne, la plus exacte et la plus complète possible dans ce domaine, d’une part, et une présentation des choses sans la moindre erreur, d’autre part.

On ne peut donc que supposer qu’il en est effectivement ainsi dans cette « édition augmentée », qui est la sixième de la brochure en question, de même qu’on ne peut que penser, comme déjà faite à cette occasion, la revue des éditions antérieures. La modestie de l’auteur, qui dit publier, à la hauteur de cette édition, « une œuvre humaine à parfaire » devrait aller beaucoup plus loin, à mon avis, c’est-à-dire jusqu’à déclarer de quelle « école », dans ce domaine, relève l’ensemble des techniques qu’il porte à la connaissance des consommateurs de son produit. Car, en disant, par exemple : « Nous optons pour P et non pour PP pour l’abréviation des pages » (…..), il laisse bien entendre que pour certaines techniques, des alternatives existent et sont également de pratique. L’étudiant ne devrait-il pas en être aussi bien informé, afin de comprendre pourquoi il y a eu option ? Quoi qu’il en soit, cette dernière remarque n’altère pas les mérites du travail de l’auteur, dans son ensemble, dont la toute première ambition est, à mon avis, le fait qu’il s’adresse à tout chercheur étudiant, sans distinction de Faculté. Justement, en raison de cette ambition-là, n’aurait-il pas été plus profitable également à tous qu’un consensus ou une harmonisation, en amont, de telles directives dusse être acquise de la part de tous ceux qui, dans ce domaine, apportent ordinairement leur aide diversement et isolément aux étudiants de toutes nos Facultés et Ecoles ? Une cinquième édition d’une publication en un temps relativement court est déjà en soi un mérite, un succès : la preuve que le travail a été apprécié, puisque le produit a été consommé jusqu’à épuisement des exemplaires qui étaient disponibles. Je souhaite donc à celle-ci un succès plus grand encore. Au sens d’une consultation systématique par tout chercheur qu’est chacun de nos étudiants.

 

                                               Pr MAYELE ILO Jean-Pierre

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jeudi 3 octobre 2013

. Le philosophe polygraphe Louis Mpala Mbabula se penche sur cette forme de gouvernementalité qui, née en Grèce, s’est développée en Occident (Europe et Amérique du Nord), avant de se mondialiser, au tournant de la fin du XXe siècle, à la faveur de la chute du Mur de Berlin et de l’implosion de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Cette implosion est venue confirmer que la voie du communisme était irrémédiablement bouchée ; par contre, celle de la démocratie s’est révélée le seul horizon politique susceptible de permettre aux États de promouvoir les libertés, les droits humains, la bonne gouvernance, le progrès social et la prospérité économique.

 

Ce ne sont pas seulement l’organisation des élections et le bon fonctionnement de trois pouvoirs traditionnels (législatif, exécutif et judiciaire) qui constituent le thermomètre de la culture démocratique dans une société donnée, mais aussi l’existence d’un espace public et de la communication politique. Théorisée par les philosophes E. Kant et J. Habermas, puis par des communicologues tels que B. Miège, D. Wolton, J.C. Ekambo et J.-M. Dikanga Kazadi, la notion d’espace public désigne un espace intermédiaire entre la société civile et l’État, espace où se rassemblent les citoyens égaux en droits, qui discutent rationnellement et librement de la gouvernementalité de la cité, espace des relations publiques généralisées, régi, au demeurant, par la distance émancipatoire, c’est-à-dire la possibilité pour un citoyen de prendre parole et de contredire, sans s’inquiéter pour sa vie ni pour celle de ses proches. Conséquemment, on ne peut sérieusement parler d’espace public dans une société où la démocratie n’est pas réellement opérationnelle. Il n’en est pas autrement de la communication politique : réalité complexe qui permet aux gouvernants, acteurs politiques, et aux gouvernés de construire dialogiquement des significations dans un espace public ouvert à tous et concurrentiel sur le plan du discours. 

 

Je viens d’utiliser à deux reprises le terme « gouvernementalité ». J’en fixe la signification avec M. Foucault : la manière de gouverner ou, plus directement, manière dont un pouvoir politique réfléchit sa pratique de l’État, ou sa façon de pratiquer l’État. La gouvernementalité renvoie aux actes par lesquels s’opérationnalise le gouvernement du territoire et des populations qui vivent sur ce territoire. L’élection est un des actes qui permet d’étudier la gouvernementalité démocratique d’une société. C’est ainsi que Louis Mpala se penche sur le sens des élections dans une démocratie. Il les soupçonne de participer à la constitution d’un « corps choisi », un corps qui est, à tous égards, la rémanence de l’aristocratie, c’est-à-dire ici un mode de gestion de la cité qui entérine, selon les mots de B. Manin, l’ « absence de similitude entre électeurs et élus ». Dès lors,c’est  la « représentativité » qui est mise en question, à travers une critique de ce que Louis Mpala pense être les défauts de l’élection : les représentations de personne, la dynamique d’une situation de choix, les contraintes cognitives et le coût de la communication. Le lecteur aura la liberté d’apprécier si l’arrière-fond de cette critique de la démocratie représentative n’est pas structurée, au-delà des références à J.-J. Rousseau, B. Manin et T. Ball et S. Allemand, par les expériences des démocraties de masse qui, dans le cas de bien des pays de l’Afrique sub-saharienne, sont plutôt des ethno-démocraties : des formes de gouvernementalité qui se proclament démocratiques, quoiqu’elles soient happées par des dynamiques ethniques et tribales. Des telles « démocraties » ne sont-elles pas des avatars, sinon des formes dérivées, de la Démocratie ou, précisément, de la « démocratie prosôponiste », cette dernière expression étant une invention savante de Louis Mpala ? Après tout, G. Deleuze, dans Qu’est-ce que la philosophie ?, n’a-t-il pas enseigné que le philosophe se reconnaît par la capacité à créer des concepts ?

Lorsque Louis Mpala prend à bras le corps l’effectuation des élections dans un système démocratique, il vient ajouter son nom à la liste de nombreux penseurs qui ont formulé des critiques pertinentes sur les élections, surtout en Afrique subsaharienne. En effet, dans cette partie du monde, les expériences récentes ont montré que le recours aux élections n'est pas sans rencontrer des réserves et susciter des appréhensions. Les critiques des élections démocratiques dans bien des pays africains s’expriment souvent en des termes vifs, sinon virulents, allant jusqu’à instruire des procès sans appel, dans la mesure où, comme le révèle Louis Mpala, le moment électoral transforme la société en un vaste théâtre qui voit se succéder et rivaliser en discours des « opérateurs politiques » qui se livrent à une sorte de « banditisme électoral » plutôt qu'à une compétition démocratique loyale. Considérées comme une voie privilégiée de sortie de crises, de la refondation de l’État, de l'expression du pluralisme retrouvé et de l’enracinement de la démocratie, les élections donnent parfois lieu à des tensions, voire à des ruptures du contrôle social, lesquelles tensions et ruptures affectent la vie sociopolitique et économique.

Dans le présent livre, c'est, me semble-t-il, le principe de l'existence d'élections qui est problématisée ; les élections dans une démocratie représentative ne permettraient pas de satisfaire aux exigences de la démocratie telle que l’auteur la conçoit : la démocratie prosôponiste. Le propos, qui peut paraître paradoxal désigne les risques de « récupération » des suffrages populaires, ainsi que l’a établi Ch. Nach Mback, par des réseaux clientélistes ou par des notabilités gérontocrates, citadines et économiques. Aussi a-t-on écrit que les élections pluralistes, en Afrique, seraient devenues un instrument de renforcement de pouvoirs autoritaires et même de domination inventé par les « héritiers » des totalitarismes africains pour tenter de s’éterniser au pouvoir, au détriment du peuple, traité parfois comme la partie de l’État qui ne sait pas ce qu’elle veut ?

 Il reste cependant vrai que la philosophie politique de Louis Mpala ne voue pas la démocratie aux gémonies. Elle se contente de conduire un questionnement sur le sens des élections et leurs conséquences dans une démocratie représentative. La finalité –  puisqu’il en existe une dans ce livre –, c’est de plaider pour une nouvelle forme de démocratie : la « démocratie prosôponiste ». Une telle démocratie serait basée entre autres sur la philosophie de la rencontre des personnes. Ses piliers majeurs sontt le « tirage au sort » lié au « principe de rotation des charges », au « principe d’isègoria », au principe d’égalité et le Budget participatif. Il est entendu que c’est dans le prolongement de Placide Tempels, auteur de la célèbre Philosophie bantu, et surtout dans celui des penseurs grecs antiques et des penseurs altermondialistes que Louis Mpala soutient la possibilité d’une telle démocratie. En cela, un conduit un prolongement politique de sa thèse de doctorat intitulée Matérialisme historique, mondialisation et utopie postmoderniste. Contribution à la philosophie de l’histoire (2006). Je dis « possibilité », parce qu’aucune société contemporaine n’a, à ce jour, fait l’expérience de cette nouvelle forme de démocratie. Mais comme il est possible, dans le domaine de la pensée et de l’action de passer du pourquoi au pourquoi pas, le philosophe pourra espérer trouver quelques acteurs politiques qui s’approprieront son idée et travailleront à la matérialiser. En attendant, peut-être il faudrait continuer à suivre la pensée subtile de Winston Churchill : continuer à pratiquer la démocratie représentative, en dépit des critiques formulées en son endroit.

 

Le lecteur saura faire une lecture intelligente du livre du philosophe audacieux Louis Mpala (parce qu’en effet l’idée de remplacer la démocratie représentative par la démocratie prosôponiste est audacieuse). Le lecteur saura surtout engager rationnellement et librement une discussion avec l’auteur, afin qu’ensemble ils puissent contribuer à la marche des idées et de la pensée sociale et politique en Afrique. Telle est aussi, de mon point de vue, la tâche urgente de la philosophie africaine, en ce temps de crises.   

Professeur Emmanuel M. BANYWESIZE

Université de Lubumbashi

Lubumbashi, le 22 mai 2013

 

 


 

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samedi 2 février 2013

Des discussions en discussions, des fixations en fixations, la philosophie s’affirme et s’éclaire, s’illumine en illuminant la force de toute science.

C’est dans ce sens que devront se situer les multiples interrogations que lance l’auteur de ce livre à son interlocuteur sous forme de petites boutades-question de style-afin que lumière s’illumine. Et la philosophie s’affirme « pluralité » autodéterminée par le « Je » de responsabilité et d’engagement à un discours. Si l’attitude de B. Stevens ne change pas, « mon mandat d’arrêt philosophique restera toujours valable », dit l’auteur qui en fait un appel au débat philosophique.

De son « Je » d’engagement, Louis ouvre le débat par des batteries « parémiologiques », nous les voulons au pluriel- une somme des proverbes sur et à propos de l’arbre. Aussi établit-il en conséquence une approche thématique d’une philosophie africaine qui s’adonne à une nouvelle approche à la fois analytique et synthétique d’une conception de la philosophie africaine sur fond d’allure anthropo-écologique

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Le cours d'histoire de la philosophie du Moyen Age fait défaut dans certains départements de philosophie. Les deux auteurs se donnent pour tâche de mettre à la disposition des étudiants et des enseignants un manuel  d'histoire de la philosophie antique chrétienne et du moyen Age. La rencontre avec cette pensée nous transformera.

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