Professeur Abbé Louis Mpala

lundi 7 mai 2018

Mon blog est devenu vieux et ne sait plus recevoir les billets en PDF. Votre aide technique est souhaitée pour résoudre ce problème afin que je puisse encore une fois vous fournir gratuitement le peu que j'ai comme connaissance. Merci d'avance, Bien à vous, Louis

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INTRODUCTION Plus d’une fois j’ai été invité à animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique et plus particulièrement sur la rédaction d’un article scientifique. De ces différentes rencontres scientifiques, j’ai eu beaucoup à apprendre et je devrais à tout moment mettre à jour mes notes. Voici venu le moment de proposer un texte et de le mettre à la disposition et à l’appréciation des chercheurs. Pour la réalisation de ce texte je me suis largement servi de trois livres, celui de Bernard DIONNE , le mien , d’un collectif et de l’Internet. C’est un petit manuel pour donner quelques directives aux chercheurs et il se veut un outil de travail perfectible. S’adressant aux chercheurs des sciences humaines, des sciences du vivant et des sciences exactes, ce petit manuel ne remplace en aucune façon mes collègues professeurs ; au contraire, il leur est un précieux outil qu’ils auront à parfaire et à commenter. Ceci dit, l’on comprendra que la méthodologie de la recherche scientifique a ses exigences, requiert une ouverture de l’esprit et recommande l’esprit scientifique. Voilà pourquoi j’attends les suggestions et les critiques afin de me remettre au travail. Il y va de la réussite collective. Je remercie mon collègue Professeur Ordinaire MWENZE wa KYUNGU Eric Jean-Paul, Maître-Directeur de la Chaire Scientifique de la Psychopédagogie ouverte, CSPO, qui a bien voulu m’inviter à animer un « Grand atelier de renforcement des capacités du scientifique en matière de la recherche » en date du 16 décembre 2017. Je le félicite et l’encourage pour son initiative, et ce, après avoir suivi une formation ad hoc aux Etats-Unis. Loin de moi d’en faire une apologie, mais je prends acte de ses résultats scientifiques. Qui ne risque rien, n’a rien, dit-on ! Je remercie également toutes les Institutions qui ont eu à m’inviter pour animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique. Je remercie également le doctorant C.T. Lambert Longombe Ndjate avec qui, souvent, j’anime les séminaires. Cet écrit porte ma responsabilité scientifique et j’en assume ses lacunes et limites. Le texte se structure de la manière suivante : je parlerai d’abord de la recherche scientifique ; ensuite j’aborderai le point portant sur le chercheur et ses activités scientifiques et enfin je m’appesantirai sur la rédaction de l’article scientifique. Je dois signaler que les trois points se suivent logiquement et se complètent. C’est par souci pédagogique qu’ils se présentent séparément.   1. RECHERCHE SCIENTIFIQUE   La recherche scientifique est un ensemble d’activités intellectuelles méthodiques. Autrement dit, dans la recherche scientifique, on apprend ou mieux on fait voir comment utiliser et respecter les règles, les normes et les principes de la démarche scientifique et comment appliquer les différentes méthodes. En outre, c’est avec rigueur que le chercheur fera son travail, c’est-à-dire avec précision, exactitude en examinant le problème posé et en suivant le schéma défini par la communauté scientifique de son domaine de recherche. Je fais savoir que la rigueur ne rime pas avec la rigidité exprimant la fermeture et le statu quo et qui exclut l’esprit scientifique. Cette démarche scientifique appelée recherche scientifique a pour but l’acquisition des connaissances dont la visée est d’apporter une réponse ou une solution aux problèmes. Là où il y a une recherche scientifique, il y a toujours un problème qui se pose et qui exige une réponse. Celle-ci peut être originale ou inédite par rapport aux réponses précédentes proposées. De ce fait, on comprendra que la recherche scientifique contribue au progrès de la science (nouvelles connaissances, nouvelles théories) et au développement de la société humaine grâce à l’application des résultats scientifiques. Voilà pourquoi la recherche scientifique exige l’objectivité. Celle-ci est comprise de différentes façons selon les domaines de la recherche scientifique et selon la théorie épistémologique que l’on défend . L’objectivité en chimie et en histoire, par exemple, n’est pas définie de la même manière. De par sa nature, la science invite le véritable scientifique à se laisser attirer par « la stimulation de la découverte et de la recherche (…)» . Puisqu’il s’agit de la recherche, le scientifique provenant de n’importe quelle discipline scientifique a la passion de connaître comme ne cessait de le dire Aristote. De ce fait, se révèle en lui la curiosité intellectuelle. « Cela signifie que le chercheur est par nature animé du désir de connaître et de l’obstination qui va avec. Un scientifique véritable garde vivant en lui le sens de l’étonnement devant le mystère de la Nature [et de la Vie] » . Par la curiosité intellectuelle le chercheur se force de sortir des idées convenues et se lance vers la découverte. La curiosité scientifique a pour compagnon l’amour de la vérité qui rime avec l’honnêteté intellectuelle. J’ajoute, par ailleurs, que la curiosité scientifique, l’amour de la vérité et l’honnêteté intellectuelle sont aveugles si l’esprit critique venait à faire défaut. « Il faut savoir mettre en doute ce qui semble bien installé dans la conscience commune, mais a bien des raisons d’être remis en cause. L’esprit critique est l’art de bien juger en discriminant le vrai du faux » . Quand on a un esprit critique, on aimera le débat qui cultivera dans le chef du chercheur l’autocritique et la vigilance ; aussi sera-t-il à même d’accepter la remise en question de son savoir, car tout chercheur averti sait que l’erreur est humaine et qu’il ne perd rien en se mettant à l’école de ses erreurs. Il y va de l’humilité scientifique qui invite tout chercheur à se soumettre à l’appréciation des autres chercheurs sans pour autant s’y soumettre aveuglement. Ceci fait partie du destin du scientifique. En outre, je dois souligner que cette passion de connaître contribue à former plusieurs vertus dont l’indépendance du jugement (« le paradigme de l’objectivité exige que le scientifique soit capable de mettre de côté le parti pris passionnel, tel qu’on le rencontre souvent dans le débat politique, dans les luttes partisanes du nationalisme, les affrontements religieux etc. )» , le désintéressement (« il faut entendre par désintéressement cette qualité morale qui fait qu’un chercheur est avant tout soucieux de la vérité. Le désintéressement commande de ne pas spécialement rechercher la gloire, la reconnaissance, les honneurs, mais de travailler modestement au progrès du savoir » ), l’humilité (reconnaître les limites de la raison devant la complexité de la nature et le mystère de la vie), la probité intellectuelle (« on entend par probité intellectuelle la vertu de l’homme de science qui allie le souci de la vérité et le courage de s’y tenir. La probité intellectuelle enveloppe une grande honnêteté, le sens austère de la discipline qui fait que parfois il faut accepter de voir remises en cause des idées auxquelles on tenait. [Pour l’homme de science], l faut savoir accepter la sanction des faits, il faut être capable de s’assurer de la validité d’une hypothèse. Il y a donc indéniablement non seulement des aptitudes mais surtout une déontologie de l’esprit scientifique » . C’est à ce niveau qu’on peut évoquer les huit principes déontologiques de Karl Popper : «- Il n’y a d’autorité qu’on doive à tout prix respecter. « -Il est impossible d’éviter les erreurs. « -Il y a des erreurs même dans les théories éprouvées. « -Il ne faut pas camoufler ses erreurs. « -Il faut se mettre à l’école de ses erreurs. « -faire preuve d’autocritique et de vigilance. « -Nous avons besoin des autres, la critique venant d’autrui est une nécessité. « -Faire une critique rationnelle spécifique et ‘ impersonnelle ‘. Bref, le chercheur doit faire preuve d’un esprit scientifique. J’en ai déjà parlé, mais répétons-le : celui-ci se fait voir quand le chercheur manifeste un esprit d’impartialité et met entre parenthèses certains préjugés pouvant constituer un obstacle épistémologique. Il est aussi invité à la fidélité dans la restitution de la pensée des auteurs consultés, à l’honnêteté intellectuelle pour éviter le plagiat, « le fait de s’approprier un travail (texte, image, photo, données) réalisé par quelqu’un d’autre » et la fraude scientifique (qui consiste « à déformer les résultats d’une recherche pour différents motifs : confirmer une hypothèse à laquelle on tient, rendre publiable une recherche qui ne le serait pas, satisfaire les exigences du commanditaire de la recherche, etc. » , falsification des résultats), à cultiver l’esprit critique et autocritique durant sa démarche scientifique et à être ouvert à toute remise en question des résultats de ses recherches. Retenons que la recherche scientifique finit par la production d’un travail qui sera reconnu scientifique par ses pairs ou les chercheurs évoluant dans le même domaine de recherche.  

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mercredi 6 septembre 2017

Le concept de jeunesse ne fait pas l’unanimité quant à ce qui concerne sa définition. Cependant, nous partageons la pensée de Najat Maalla M’jid quand il fait remarquer que « la jeunesse ne se résume pas à une catégorie de personnes définies selon l’âge. Les jeunes ne constituent pas un bloc homogène mais constituent une diversité plurielle, du fait de plusieurs facteurs incluant le genre, le lieu de vie urbain ou rural, la langue, l’ethnie, le statut socio-économique, les niveaux d’instruction, etc. »[1]. Les considérer comme constituant un bloc homogène relève de  la méconnaissance de la pluralité des conditions que vivent les jeunes et cette méconnaissance entraîne une fausse perception de la jeunesse. Celle-ci est alors perçue comme un groupe prompt à la désobéissance, prêt à créer l’anarchisme, caractérisé «  par « le goût de la facilité », « la contestation stérile » et « la critique systématique ». Ils ne seraient pas, dans leur grande majorité, des personnes susceptibles d’être constructifs » [2] et c’est un groupe manipulable, dit-on.

Tout n’est pas totalement faux, mais ne les réduire qu’à ces aspects est un signe de cécité existentielle.

Et pourtant, il sied de les voir positivement afin de voir en eux «  des agents actifs du changement, des acteurs clés pour le changement social, la croissance économique et l’innovation technologique »[3] ; et qui les voit ainsi, ne manquera pas de les considérer comme le « fer de lance de la nation », et « la garantie la plus sûre pour l’avenir » ou encore « l’avenir au présent »[4].

De ce qui précède, à la suite du poète et homme d'affaires américain Samuel Ullman, je dirais que «la jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort (...) vous êtes aussi jeune que votre foi en l’avenir, aussi vieux que votre doute, aussi jeune que votre confiance en vous-même, aussi jeune que votre espoir, aussi vieux que votre abattement »[5].



[1] Najat Maalla M’jid, La jeunesse, avenir du continent africain,  Menton, le 22 janvier 2015[en ligne] htpp://www.observatoire-social-international.com/.../dr-mjid-la-jeunesse-africaine-oct-15.pdf (page consultée le 20 juillet 2017).

[2] Friedrich Ebert Stiftung , Les jeunes et l’engagement en politique.Manuel d’information et de formation,Yaoundé (Cameroun), 2014[en ligne] library.fes.de/pdf-files/bueros/kamerun/10803.pdf (page consultée le 20 juillet 2017).

[3]  Najat Maalla M’jid,  art.cit.

[4] Friedrich Ebert Stiftung  art.cit.

[5] Najat Maalla M’jid,  art.cit.

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Quel hommage rendrais-je à ce « sorbonnard »[1] qui, à 29 ans, « habillé en abacost léger »[2], entra dans un des auditoires du Campus universitaire de Lubumbashi « un certain mardi du mois d’Octobre 1973 en début d’après-midi »[3] ?

 

         Quel propos tiendrais-je sur cet homme devenu « la référence incontournable de l’histoire congolaise »[4] ?

 

         C’est en entendant sa voix quand il répondit à Martin Kalulambi Pongo que je me suis dit que j’avais affaire à un intellectuel engagé qui ,e renvoie au spectateur engagé de Raymond Aron[5] : « Martin ! Martin ! Le Congo a besoin de se tourner vers son passé pour projeter l’avenir ».[6] Quelle passion pour son Congo ! Oui, Hegel n’a pas tort, dans son cas, quand il affirme que « rien de grand ne s’est produit dans le monde sans passion »[7].

 

         C’est cette passion qui explique l’intitulé de ma communication Du cri de guerre « Libérer l’Avenir » à la philosophie de l’histoire. Libérer l’Avenir est, pour Ndaywel, le sens d’être de son existence intellectuelle. Ce cri se fera toujours entendre toutes les fois qu’il écrira sur son  Congo natal et chaque fois qu’il parlera de son Congo, celui  de ses aïeux. Ce cri de guerre, à mon humble avis, débouche sur une philosophie de l’histoire propre à Ndaywel et non à moi. Que dis-je ? A lui d’en prendre acte, car elle colle à sa peau scientifique. Paraphrasant Louis Althusser[8], je dirais qu’en chaque historien dort ou  sommeille un philosophe de l’histoire. S’agit-il de la philosophie spontanée ? Quaeretur ! Ainsi j’annonce mes couleurs et j’avance à visage découvert : c’est en tant que philosophe de l’histoire que je lis Ndaywel.

 

Puisqu’il s’agit d’un cri de guerre d’un intellectuel engagé ayant des lunettes dont les unités sont celles de la philosophie de l’histoire pour bien projeter et voir l’Avenir de son Congo, Don Béni, je présenterai sa philosophie de l’Histoire en partant de sa CONVICTION comme fil d’Ariane afin de suivre Ndaywel quand il pénètre dans la forêt du Congo ancien qui le conduit au Congo moderne et contemporain et en passant par sa «  tentative d’étancher la soif d’histoire des acteurs congolais »[9].



[1] M. KALULAMBI Pongo, Préface à I. NDAYWEL E Nziem, L’invention du Congo contemporain. Traditions, mémoires, modernités. Tome I, Paris, L’Harmattan, 2016, p. 9.

[2] Ibidem, p. 9.

[3] Ibidem, p. 9.

[4] Ibidem, p. 9.

[5] R. ARON, Le spectateur engagé. Entretien avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Paris, Julliard, 1981.

[6] M. KALULAMBI Pongo, op.cit.,  p. 9.

[7] F. HEGEL, HEGEL, .G.W.F ,- La philosophie de l’histoire, édition réalisée sous la direction de Myriam Bienenstock, traduction française de Myriam Bienenstock, Christophe Bouton, Jean-Michel Buée, Gilles Marmasse et David Wittmann, appareil critique de Norbert Waszek, Paris, Librairie   générale française, 2009, p.164.      

 

[8] Cf. L. ALTHUSSER, Philosophie et philosophie spontanée des savants (1967), Paris, François Maspero, 1974, p.70.

[9] I. NDAYWEL E Nziem, L’invention du Congo contemporain. Traditions, mémoires, modernités. Tome I, p.65.

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« Peut-on parler d’un « EVENEMENT KAOZE » ? »[1] C’est par cette question que commence l’introduction du livre Paix au Congo. Stefano Kaoze : une vie… des proverbes… Oui, fut la réponse et oui est aussi ma réponse. Les auteurs dudit livre situent cet événement au jour où le jeune garçon avait déclaré à son oncle maternel, le Chef Mwembezi, qu’il voulait découvrir le secret des papiers des Blancs.[2] J’ai ma façon de voir cet Événement.

      Je l’appelle Événement Stefano et non « Événement Kaoze », pour la simple raison que « Monsieur l’Abbé Etienne Kaoze [était] plus connu sous le nom de Padri Stefano ».[3]

A mon humble avis, l’Événement Stefano est semblable à une pièce théâtrale à plusieurs actes. En recevant l’ordre mineur de la tonsure,  quelque chose devait tôt ou tard arriver. Et scientifiquement, un acte de la pièce fut joué le 08 août 1910 quand le Père Vermeersch a reçu le manuscrit qu’il publiera dans la Revue Congolaise sous le titre Psychologie des Bantu.

« Indigène civilisé »[4]  qui n’est pas « un nègre quelconque »,[5] Stefano Kaoze se taille la place sous le soleil et en publiant, en 1911, dans la Revue Congolaise la suite de son livre (articles ainsi que quelques lettres), il « trouve une audience de plus en plus large ».[6] En quoi cet article est-il un des actes de la pièce « Événement Stefano » ? Antoine Tshitungu Kongolo a des mots justes comme réponse à ma question. Selon lui, et en cela il a tout à fait raison, La psychologie des bantu est un « pendant congolais »[7] à L’esquisse de la psychologie de nos Noirs de Mgr Roelens qui ne relève pas d’un mimétisme comme d’aucuns l’ont affirmé.[8] L’écrit de Stefano Kaoze est une prise de position raisonnée dans un large champ de bataille à la fois politique et intellectuelle. Du point de vue politique, l’article, comme le souligne Antoine Tshitungu Kongolo, « s’insère dans la stratégie de défense des missionnaires, mis en cause pour leur méthodes autant que pour le bilan de leur action civilisatrice ».[9] Ayant pour destinataire de facto le lecteur métropolitain, Stefano Kaoze cherche à « illustrer, à travers sa prise de parole concédée, l’excellence de l’enseignement des missions en butte aux assauts de tenant de laïcisation de l’école au Congo, et partout de légitimer la globalité de l’action des missions, alors mise à mal ».[10] Comme prise de position intellectuelle, La psychologie des bantu se veut être une arme intellectuelle. De par son titre, l’article annonce ses couleurs. Le choix lexical, substituant le vocable BANTU à NOIR, est « une récusation mezza voce de la terminologie missionnaire en cours »[11] et annonce « un écart, même infime, vis-à-vis des textes missionnaires qui ont incontestablement servi de modèle à l’élève [Stefano Kaoze] ».[12] Et la fortune qu’aura le vocable BANTU « dans la période de l’après-guerre et tout le parti qu’en tireront Placide Tempels, Paul Lomami-Tshibamba, Alexis Kagame dans leurs écrits respectifs »[13] marque une rupture lexicale.  Arme intellectuelle, La psychologie des Bantu cherche à mettre les pendules à l’heure quant à ce qui concerne « ce que nous sommes, nous Benyi-Marungu, et ce que nous ne sommes pas »[14] face à ceux qui, « parce qu’ils ont tout, ont fait de notre pays le leur ».[15] Et Stefano Kaoze y fait un serment de la Révolution de la liberté : « On ne pourra nullement lier notre immunité interne et physique de tout lien ; nulle corde, nulle chaîne, nulle prison, ne peut toucher cet être interne ».[16]



[1] CENTRE D’ARCHIVES ECCLESIASTIQUES S. KAOZE KINSHASA, Paix au Congo. Stefano Kaoze : une vie … des proverbes… , Lubumbashi, PUL, 2005, p. 7.

[2] Cfr Ibidem, p. 8.

[3] Mort de Mr l’Abbé Stefano Kaoze, premier prêtre indigène au Congo Belge, Dans Révue du Clergé Africain N° 1, t. 6, 1951, p. 221.

[4] A. VERMEERSCH (s.j.), Les sentiments supérieurs chez les congolais. Partie documentaire I. Les congolais, d’après un congolais civilisé, dans Stefano KAOZE, La psychologie des bantu et quelques lettres (1907-1911). Reproduction anastatique par A. J. SMET, Kinshasa, Département de Philosophie et Religions Africaines/ Faculté de Théologie Catholique, 1979, p. 3.

[5] Ibidem, p. 4.

[6] CENTRE D’ARCHIVES ECCLESIASTIQUES S. KAOZE KINSHASA, Op. Cit., p. 69.

[7] Antoine TSHITUNGU Kongolo, La présence belge dans les lettres congolaises. Modèles culturels et littéraires. Préface de Julien KILANGA Musinde, Paris, L’harmattan, 2008, p. 285.

[8] Ibidem, p. 299.

[9] Ibidem, p. 289.   Souligné par l’auteur.

[10] Ibidem, p. 299.

[11] Ibidem, p. 300.

[12] Ibidem, p. 300.

[13] Ibidem, p. 300.

[14] Stefano KAOZE, Op. cit., p. 9.

[15] Ibidem, p. 25.

[16] Ibidem, p. 18.

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samedi 2 septembre 2017

De prime abord, nous signalons que la démocratie est une affaire d'hommes. Elle n'est pas un cadeau à offrir ou à recevoir sur un plateau d'or. Projet, la démocratie l'est. Elle n'est pas un "déjà-là", elle est un "pas- encore", i.e. une conquête. Autrement dit, partout où elle semble être un modus vivendi, elle est en-deçà de ce qu'on attend d'elle. Ceci ne peut surprendre pour la simple raison que la démocratie ne peut être que ce que les hommes sont et veulent être. A ce niveau, nous émettons à la même onde qu’Anne Baudart pour qui « les hommes – individus et peuples – ont le choix de régresser ou de progresser, de choisir la liberté ou la servitude, les lumières ou la barbarie. Leur démocratie sera ce qu’ils en feront. Elle sera leur œuvre et à leur image : chemin de leur libération ou de leur aliénation »[1].



[1] A. BAUDART , Qu’est-ce que la démocratie, Paris, Vrin, 2005 , p.71.

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L’essai Mode et célébration du présent du jeune philosophe Ignace Kabulo Mwaba suscite un débat de mise au point : peut-on parler de l’Afrique postmodernisée et hypermodernisée sans savoir si l’Afrique a été modernisée ?

le projet moderne fait de l’idée de progrès son levier pour tenir la promesse de l’émancipation de l’humanité. Cette émancipation exigera, par ailleurs, une remise en question des croyances et provoquera un déracinement culturel, une rupture d’avec la tradition. Ainsi, c’est un nouveau « vouloir vivre-ensemble », qui sera instauré.

Ce projet moderne créera ce que d’aucuns ont appelé l’évidence moderne qu’est l’unification,  la « Reductio ad unum »[1]. Cette unification ou universalisation s’observera dans tous les domaines, mais d’une manière schématique, elle sera particulièrement visible pour ce qui concerne le politique, le social, l’économique et l’idéologie.

C’est sous l’angle du projet moderne que l’idéologie de la colonisation qui se donnait une bonne conscience en voulant apporter la « civilisation » pourra être bien comprise.

 Mue par l’idéologie de la Reduction ad unum, celle de rendre le monde entier un, homogène, et ce  à partir de l’Occident, la colonisation travaillera pour  l’universalité des communautés, et cette fin justifiera tous les moyens qu’elle mettra en œuvre. Pour lui, il s’agira de l’émancipation  de l’humanité en partant du  culte du nouveau et de l’originalité, en inculquant l’idée de dépassement pour atteindre  le progrès. Ce dernier est à la source de la Civilisation qui se concrétisera dans plusieurs domaines (politique, social, économique, religieux). Ce sera le temps de Métarécits[2]. On  rasera les royaumes africains, on sapera l’autorité politique traditionnelle et l’école sera l’appareil étatique le plus puissant qui produira des « évolués » qui mangeront avec des fourchettes comme des Blancs, qui parleront comme des Blancs, s’habilleront comme des Blancs, se coifferont comme des Blancs, riront comme des Blancs, etc. Bref, les Blancs étaient (et sont encore ?) la mesure de toutes choses.



[1] COMTE, A., cité par MAFFESOLI, M., Notes sur la postmodernité. Le lieu fait lien suivi de La hauteur du quotidien. A propos de l’œuvre de Michel Maffesoli, Paris, 2003, p.21.

[2] Le concept de métarécit est de  J.-F. LYOTARD, La condition postmoderne, Paris, Flammarion, 1979.

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jeudi 31 août 2017

LE MYTHE N'EST PLUS REDEFINI COMME ON ENSEIGNE DANS DES ECOLES OU DES UNIVERSITES. DECOUVREZ LA NOUVELLE THEORIE ET LE LIVRE DE KALOLA SERA BIENTOT PUBLIE AUX EDITIONS EDILIVRE DE PARIS

L´«école de Lubumbashi » du mythe qui a la prétention de proposer une nouvelle théorie de mythe (avec un grand M) a pour promoteur ou initiateur le philosophe congolais Jean-Pierre Mayele Ilo. Le théologien Paul Kalola Bupe en est l´épigone ou mieux un associé scientifique évitant le mimétisme.

Son deuxième livre qui a pour titre La valeur du mythe se donne pour tâche de proposer une valorisation du mythe à partir de sa définition convenable, alors que Jean-Pierre Mayele Ilo, dans son ouvrage Statut mythique et statut scientifique de la gémellité. Essai sur la dualité (Bruxelles, Ousia, 2000) s´est refusé de définir le mythe et a opté pour sa description.

De prime abord, l´auteur Paul Kalola Bupe dans son approche définitionnelle du Mythe, fustige l´impasse de la conception narrativiste du mythe dans laquelle persiste la confusion entre mythe et mythologies, mythe et rite, mythe et temps, mythe et vérité. Voilà pourquoi, il se donne pour tâche d´opérer une distinction entre mythe et mythologie et ce dans un premier temps. Après avoir traduit devant le « Tribunal mythique » les Marcel Detienne, les Lambros Couloubaritsis, les Jan Assmann, les Edmond Ortigues, Les Jean Laude, les Manfred Görg et les Jean-Pierre Mayele Ilo, l´Auteur rend son verdict : « En somme, il appert que tous ces sept auteurs partagent la conviction de l´impasse d´une définition narrative du mythe (…) : la première catégorie comprenant M. Detienne et L. Couloubaritsis reste sur le plan littéraire (…)  et les deux auteurs ne semblent pas envisager la possibilité d´entrevoir une conception du mythe au-delà de ce niveau littéraire. La deuxième catégorie est représentée par J. Assmann et E. Ortigues (…). Ils démontrent que le phénomène mythe déborde la littérature orale ou écrite. Pourtant, chose regrettable est que tous les deux tentent de maintenir le récit mythologique comme étant la forme complète ou parfaite du mythe (…). Les trois derniers composant la troisième catégorie sont J. Laude, M. Görg et J.-P. Mayele Ilo (…). Si M. Görg attribue encore au mythe un trait narratif élémentaire, les deux autres ont l´audace de surmonter une fois pour toutes le poids de la tradition narrative immémoriale et de tirer la conséquence logique que le mythe dans toute son ampleur ouvre la voie à une diversité des formes mythologiques narratives et non-narratives, littéraires et extra-littéraires, mais toutes légitimes. Aucune ne vaut plus que les autres ».

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Hubert prend l’image de l’oiseau de Minerve qu’il emprunte au « vieux » Hegel comme le dirait Karl Marx, son disciple de gauche. De ma part, cet oiseau qui n’arrive qu’à la tombée du jour est comparable aux « Croix-Rouges » qui arrivent toujours en retard si ce n’est pour compter les cadavres. Or, à mon humble avis, Hubert Mono est un philosophe Veilleur, Gardien du « Temple » de la philosophie africaine ; et pour preuve, il est à l’affût pour faire barrage à Daniel TCHAPDA, alias « le dernier des Mohicans » (p. 21), l’ « avatar inconscient du négativisme anti-africain » (p. 35), dont le sous-titre Prolégomènes aux questions actuelles relève, selon Hubert, d’« une forme d’escroquerie, ou de contrebande à travers un emballage attrayant » (p. 35). Et quand je vois Hubert traité Tchapda de celui qui était atteint d’une « amnésie » (p. 25) de celui qui « se montre en retard d’une génération » (p. 30), je me dis que l’oiseau de Minerve est mal choisi.

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Comme Cicéron, Hubert Mono utilise l’argument ad rem et l’argument ad hominem. L’ouvrage de Tchapda étant écrit sur la base d’un soupçon, Hubert fait voir que les exemples historiques évoqués par Tchapda le contredisent, et ce à son insu. S’agit-il d’une étourderie philosophique ? Il y a de quoi le croire, surtout que Tchapda, au dire d’Hubert, se livre «  à ce qu’il interdit désormais aux autres » (p. 23) et « s’octroie à lui-même le droit du mot de la fin » (p. 23) , celui de prendre « congé de ce débat plus distrayant que combattant » ( Tchapda cité par Hubert, p. 23). Et Tchapda fait croire que ses réflexions sont «  les prolégomènes » de la lutte. Et par une ironie (que je  découvre dans le style d’Hubert), Hubert félicite  « un joli programme » (p. 23). Oui, Hubert s’en moque, car Tchapda est sur les fausses traces de Dumont qui croyait comme lui que les discussions sur l’existence de la philosophie africaine ont fait manquer à l’Afrique noire le train du développement. « Voilà pourquoi elle est mal partie ». Comme pour enfoncer les clous sur « l’étourderie philosophique » (cette expression est mienne), Hubert fera surgir ou mieux mettra à nu ce que d’aucuns appelleraient les « convulsions philosophiques » (l’expression est mienne), et ce en utilisant la moquerie et l’ironie comme style. Il met en dérision « l’affiche géante » annonçant la parution du livre et sa vente dans toutes les « libreries » (sic) en lieu et place de « librairies ».

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Hubert MONO Ndjana est philosophe camerounais dont son livre mérite l'attention de tout philosophe. Voilà pourquoi je recense son livre. Voici la suite 1.

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jeudi 10 août 2017

Hubert MONO Ndjana

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mardi 30 mai 2017

Philosophie africaine/ Revisitation et Actualité socio-politico-économique de "La philosophie bantoue" de Placide TEMPELS Ce texte que je mets en ligne était préparé pour être présenté à l'Université de Kinshasa comme conférence. Comme le colloque n'a pas eu lieu (?), je le partage avec vous que le lisez en ce moment. Il s'inspire de mon livre Lecture matérialiste de « La philosophie bantoue » de P. Tempels face aux mutations socio-politiques en RDC, préface du professeur Mayele Ilo, Lubumbashi, Ed. Mpala, 2000.

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mardi 23 mai 2017

La philosophie, ayant pour objet matériel la totalité du réel, ne peut pas s’empêcher de réfléchir sur l’existence humaine. C’est du point de vue formel qu’elle se distinguera de l’histoire, de l’ethnologie, de la psychologie et d’autres sciences ou disciplines qui s’intéressent à l’homme. Prenant pour objet l’étude de la tradition orale du Sud-Est du Katanga, telle qu’elle est fixée dans et par l’écriture du R.P. Léon Verbeek le Mubemba et ses collaborateurs, ma réflexion philosophique se donne pour tâche de cerner, de toucher du « doigt philosophique », le « ce-par-quoi », le Muntu du Sud-Est du Katanga est un muntu-qui-chante sa vie et qui-vit-en-chantant. C’est un Muntu cantor : il est chanté quand il est conçu, on chante pour lui quand il naît ; son oreille écoute le chant quand il chasse, et chasse en chantant ; dans sa pirogue, il pêche en chantant et chante sa vie en pêchant ; il pleure en chantant ; il chante, il chante, il chante ! Il est un MWINA NGOMA, MWINA MALUMBO. De ce qui précède, l’on devinera que du corpus scientifique que nous lègue Léon Verbeek le Mubemba, ma réflexion philosophique se limitera aux chansons des jumeaux, aux berceuses, aux pileuses, aux chansons de la chasse et de la pêche et aux mélopées funèbres, les nyimbo ya malilo. Toutefois, je dois signaler que ma porte d’entrée dans l’œuvre imposante de Léon Verbeek le Mubemba est Contes de l’inceste, de la pauvreté et de l’alliance chez les Bemba (2006). Je diviserai mon intervention en cinq parties. La première portera sur l’anthropologie philosophique et son éternelle question : Qu’est-ce qu’est l’homme ? Ubuntu cinshi ? La deuxième tentera d’appréhender l’« ubuntuïté » en partant de la catégorie anthropologique de la corporéité. La troisième dévoilera l’« ubuntuïté » en me servant du travail comme catégorie purement anthropologique. La quatrième présentera l’« ubuntuïté » comme relevant de la communauté, catégorie anthropologique. La cinquième et dernière partie indiquera ou mieux pointera l’« ubuntuïté » comme une présence de la mort, catégorie anthropologique insondable. 1. QU’EST-CE QUE L’HOMME ? UBUNTU CINSHI ? L’être humain est le seul être vivant qui se pose la question de savoir qui il est. Pour donner sa tentative de réponse, il utilisera plusieurs méthodes dont la phénoménologie (les épochès d’Edmund HUSSERL ne viendront pas à bout de cette question. L’homme restera un mystère.), la méthode herméneutique (telle qu’elle est enseignée par DILTHEY, Emilio BETTI et HEIDEGGER, ne dira jamais un dernier mot sur ce qu’est l’homme.), la méthode dialectique (au sens de dialogue, ne dévoilera pas l’homme dans sa totalité.), le recueillement de G. MARCEL et l’examen de conscience de PYTHAGORE ( toujours en deçà du « connais-toi toi-même » du philosophe « analphabète » SOCRATE.) et la méthode comparative ( qui me laisse sur ma soif). Se servant de cette méthode, ANAXAGORE dira que c’est la MAIN qui différencie l’homme des animaux ; ARISTOTE prendra position contre cette affirmation et soutiendra que c’est par la RAISON que l’homme se distingue des animaux.

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mercredi 5 avril 2017

INTRODUCTION Ma communication, en ce jour, ô combien noble et notable, se veut être une méditation philosophique sur l’Abbé Stefano Kaoze qui avait un grand estime pour la philosophie. Divisée en trois parties, ma communication présentera dans un premier moment l’Événement Kaoze. Dans un second moment je ferai voir comment la philosophie fut un art de vivre chez Stefano Kaoze. A la fin, je montrerai en quoi consiste l’Effet Kaoze.

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