Professeur Abbé Louis Mpala

vendredi 22 mai 2020

Nous sommes embarqués dans un devenir dont les accélérateurs sont la science et les technologies numériques aspirées et contrôlées par le capitalisme totalitaire qui s’accommode des autoritarismes politiques. Loin d’être totalement prédictible, ce devenir est instable et incertain. Il charrie des crises et menaces mortelles multiples, des barbaries, d’inimitiés, ainsi que l’ont montré les multiples décisions de frontiérisations, de repli sur les communautés nationales et la rémanence des discours dans lesquels se réfléchit la persistante tentation de déléguer la mort à quelques peuples toujours perçus inférieurs et transformables en cobayes du progrès scientifique et d’affirmation de la puissance. Au-delà de la célébration de la révolution numérique et face aux menaces virales planétaires, notre temps se donne à l’interprétation comme celui de « la crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité, et du coup, la crise du monde encore incapable de devenir monde, la crise de l’homme encore impuissant à s’accomplir homme »[1]. Cette crise constitue un défi à l’intelligence humaine et, particulièrement, à l’institution scolaire en tant qu’espace de production et de transmission des savoirs. Le défi consiste à construire, à l’aide des connaissances disponibles et de toutes les humanités de vie, une nouvelle pensée humaniste susceptible de mettre en conscience la coappartenance de tous les humains à une commune humanité et, ce faisant, la responsabilité de tous face au périssable : la vie, la Cité et la biosphère.

      La pandémie de Covid-19 a obligé les gouvernements, pour garantir la santé de la collectivité, à prendre des mesures exceptionnelles : état d’urgence, assignation à résidence des populations, fermetures des frontières, réquisitions des plateformes, édifices publiques et privées (hôpitaux, logistique militaire, installations sportives, gymnases, hôtels, etc.), déblocages des milliards de dollars, d’euros et de francs en faveur des entreprises et des populations, y compris celles du monde d’en-bas déclassées par le capitalisme. Cette pandémie aura révélé la primauté de l’humain sur l’économie et sur son corolaire, à savoir la recherche effrénée du profit. En somme, l’humanisme unidiversal se pose comme l’incontournable pilier de la politique et la vie apparaît comme sacrée, dans la mesure où l’élan vers une vie bonne est universel.

      Le surgissement et la propagation du virus à partir de la ville chinoise du Wuhan et la rapidité de sa létalité ont bouleversé tant de certitudes philosophiques, scientifiques et technologiques qui servent de levier aux espoirs de l’homme d’être maître de soi, de son corps, de son devenir et du monde, capable de prévision et d’anticipation grâce à l’intelligence artificielle, de se muer en un étant numérique ou un transhumain. L’inaptitude de l’intelligence artificielle à anticiper cette pandémie, à modéliser la vitesse de sa diffusion et les crises subséquentes, dont celles de l’utilité vitale des masques, des matériels de dépistage et des respirateurs en pénurie ou en manque a suscité l’étonnement philosophique et sociologique. L’IA ne pouvait-elle pas prévoir, par exemple, qu’en l’absence de mesure d’isolement immédiat des premiers cas des malades, « les gouvernements déclencheraient malgré eux une crise économique et financière majeure, crise inévitable par des mesures de confinement ? »[2] Quelle est la valeur des innovations des technologies numériques pour l’homme et pour nos sociétés dominées par le capitalisme ?

            La pandémie a remis en question les croyances des hérauts de la rédemption par l’ordo oeconomicus néolibéral postulé, au travers de la formule There is no Alternative (TINA), comme l’ultime option de réalisation générale de la condition humaine et du bonheur. Le ressort de cet ordre est, comme on s’en rend compte désormais, l’ethos sans horizon : l’hédonisme. Cet ordre célèbre un matérialisme spectaculaire et consumériste. Il tend à réduire chaque être humain en une matière calculable et calculant et, somme toute, en esclave des objets qu’il fabrique, possède ou poursuit. En l’espace d’un trimestre, se sont révélés l’illusoire maîtrise humaine de la matière, l’égalité et la finitude des corps, les failles de la gouvermentalité qui cautionne la souveraineté de l’économique sur le politique, du marché sur l’humain, entraînant l’État à se désengager du devoir de protection sociale, de garant du vivre-ensemble et du bien-être collectif


[1] Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle, Paris, Fernand Nathan, 1981, p. 345.

[2] Olivie Duha, « Covid-19 : où est passée l’intelligence artificielle ? », Les Échos. www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-covid-19-ou-passee-lintelligence-artificielle-1199557 [Le 30 avril2020].

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La planète terre est de plus en plus menacée par des crises provoquées par les humains qui en ont les moyens, notamment le bloc des pays occidentaux. Si ces derniers s’en sont toujours sortis victorieux et l’Afrique toujours meurtrie, cette fois-ci, la menace frappe le cœur même de la civilisation occidentale dominante. Ce texte résulte de nos spéculations que nous qualifions d’osées parce que risquées à partir de l’observation, à partir des médias, des attitudes des uns et des autres humains face à cette guerre asymétrique que livre à l’humanité un ennemi insaisissable, opérant dans une clandestinité obscure, indétectable par les puissants engins d’espionnage et de guerre mis au point par les humains. 

Le contexte

Coronavirus, particule vivant minuscule et invisible à l’œil nu, désenchante même les plus arrogants des humains. Cet ennemi inattendu, probablement produit des excès humains, sera certes vaincu au prix des moyens financiers et scientifiques déployés, mais le virus ne laissera probablement pas le monde inchangé. Il augure, vu les paramètres en présence, des changements certains dans le sens d’une éventuelle révolution dans le Système-Monde. Il pourrait s’agir, à n’en pas douter, d’un bouleversement des positions hiérarchiques des blocs hégémonistes, augurant, probablement, le déclin fort perceptible de l’Occident (avec en tête les USA) après cinq siècles de domination globale et sans partage du monde, au profit d’une montée imparable de l’Orient (avec en tête la Chine émergente).

Les nombreux fanatiques (surtout africains) d’un Occident cru hyperpuissant parce qu’outrancièrement techniciste parlent déjà de la fin des temps. Mais ceux qui veulent raisonner froidement, lisent plutôt, dans ce qui se passe aujourd’hui, les signes des temps qui présage du passage de l’ère de l’hégémonie occidentale judéo-chrétienne à l’ère d’un nouvel ordre mondial consacrant la chute des uns en faveur des autres, notamment les Orientaux qui avaient, eux aussi, ployé sous le joug d’une européanisation sanglante et ruineuse du monde, mais dont ils ont su tirer des avantages stratégiques.

La présente réflexion, qui vient peut-être trop tôt, se veut modestement spéculative sur la crise suscitée par l’immixtion par surprise du coronavirus dans un monde déjà en pleine bousculade. On essaie d’abord de faire le constat des limites humaines face à une nature créée hostile contre l’homme, mais aussi de la capacité de l’intelligence humaine de transformer les hostilités de la nature, faites de crises et de chocs, en opportunités de mutations positives pour autant que l’homme profite de ces occasions pour déployer plus d’activités cérébrales cognitives. On tente par la suite de faire une projection virtuelle de ces bouleversements (déjà) perceptibles d’hégémonie au profit de ceux qui, très dynamiques, ont triché ou plagié ce qui fait la force de l’Occident dominant, en l’occurrence la techno-science d’origine européenne, au moment même où ce même Occident se découvre vieilli, fatigué, constipé et jouisseur.

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mardi 31 mars 2020

Je t’ai vue transfigurée en un ESPRIT SCIENTIFIQUE. La curiosité intellectuelle s’est révélée en toi et le désir de connaître t’a poussée à revisiter Simone de Beauvoir. L’amour de la vérité rimant avec l’honnêteté intellectuelle t’a conduite, grâce à l’esprit critique et autocritique, à te positionner en face, avec et contre Simone de Beauvoir. Ainsi, tu as cultivé certaines vertus dont l’indépendance du jugement, le désintéressement te commandant de ne pas spécialement rechercher la gloire, la reconnaissance, les honneurs, mais de travailler modestement au progrès du savoir, l’humilité et la probité intellectuelle

Grâce à cet esprit scientifique, tu es parvenue à proposer à la communauté scientifique ta nouvelle théorie de l’Emancipation agynécéenne. De ce fait, Giles Deleuze a toujours raison quand il affirme qu’on reconnaît un ou une philosophe par ses concepts. Qui dit APEIRON, convoque Anaximandre ; NOUS appelle Anaxagore ; Monde des Idées évoque Platon ; DOUTE METHODIQUE Descartes ; MONADE Leibniz ; Mystification fondamentale Mabika Nkata ; GYNOSOPHIE Koba ; ORGANISACTION Banywesize et PROSOPONISME ton humble serviteur Mpala Mbabula. De toi, on retiendra AGYNECESOPHIE.

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Madame KISHIKO Banza Flavie ;

En cet instant grave, grave parce que tu connaîtras bientôt une Métamorphose, si tu parviens à convaincre scientifiquement le jury ; métamorphose, disais-je, car en étant vêtue de la toge, tu changeras de forme.

Grave est aussi cet instant du fait qu’une Transmutation s’opérera en toi, si et seulement si le Jury te juge digne de t’introduire comme première femme philosophe de l’Université de Lubumbashi dans la cours des grands, celle des académiciens. Ainsi, par cette transmutation, tu ne seras plus appelée CT Kishiko, mais Docteur et Professeur KISHIKO, et ce, dans toute la communauté universitaire universelle.

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MWAUME

Abbé Champo, voici l’heure qui sonne

L’heure durant laquelle nos blagues deviennent une réalité,

Une réalité troublante, car elle fait couler des larmes,

Des larmes dont la symbolique est complexe,

La complexité provient de l’histoire de ta vie.

Ta vie n’a pas été linéaire, mais spirale.

Spirale fut ta vie, et en cela elle fut une CONTRADICTION ;

Cette contradiction qui a dérouté les bien-pensants qui pensaient

que Dieu Yahvé  s’était trompé en te choisissant comme son

SERVITEUR ! Qui l’aurait cru ? Le premier à croire que Dieu

Yahvé ne s’était pas trompé, fut Mgr Dominique KIMPINDE-paix à son âme !-qui t’envoya au Grand-Séminaire ; le second Mgr l’Archevêque Jean-Pierre TAFUNGA qui te consultait souvent et le dernier est Mgr Fulgence MUTEBA qui t’attendait à bras ouverts.

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Serviteur de Dieu Yahvé, tu le fus intempestivement.

Intempestivement, tu surprenais les gens et personne ne pouvait te

Programmer sauf Dieu Yahvé.

Vivre à temps et à contre temps était ton modus vivendi.

De par ta devise sacerdotale, TOUS FRERES-BONSE NIBA

MUNINA, tu n’as méprisé personne ; au contraire, certains

t’escroquaient de l’argent et plus d’une fois tu disais : « Muleke

fye, shilemutwala pi ? ».

Tu savais créer et entretenir les relations humaines. Tu avais

compris que « ukwangala kwakila ulupwa=l’amitié est plus que la famille ». Et aujourd’hui cela se manifeste clairement : L’Honorable Président de l’Assemblée provinciale du  Haut-Katanga , KASHOBA Freddy, est devenu l’AÎNE de ta famille et c’est lui qui représente et agit au nom de ta Famille. Souviens-toi de lui et rends-lui le centuple dès ici-bas.

Serviteur de Dieu Yahvé, tu le fus intempestivement.

Intempestivement, tu surprenais les gens et personne ne pouvait te

Programmer sauf Dieu Yahvé.

Vivre à temps et à contre temps était ton modus vivendi.

De par ta devise sacerdotale, TOUS FRERES-BONSE NIBA

MUNINA, tu n’as méprisé personne ; au contraire, certains

t’escroquaient de l’argent et plus d’une fois tu disais : « Muleke

fye, shilemutwala pi ? ».

Tu savais créer et entretenir les relations humaines. Tu avais

compris que « ukwangala kwakila ulupwa=l’amitié est plus que la famille ». Et aujourd’hui cela se manifeste clairement : L’Honorable Président de l’Assemblée provinciale du  Haut-Katanga , KASHOBA Freddy, est devenu l’AÎNE de ta famille et c’est lui qui représente et agit au nom de ta Famille. Souviens-toi de lui et rends-lui le centuple dès ici-bas.

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samedi 11 janvier 2020

Le sous-titre, Pour P. Tempels, Niamkey Koffi et P. J. Hountondji II, a son sens d’être. Les trois figures, selon moi, marquent la philosophie africaine contemporaine. Malheureusement, les gens qui parlent d’eux ne savent pas que La philosophie bantu de P. Tempels a été mal traduite. Smet nous permet de découvrir un autre Tempels. Niamkey Koffi, en publiant en 2018 ses anciennes critiques contre P. J. Hountondji, nous contraint à ne pas, de nos jours, faire un pas en arrière quand on parle de la philosophie africaine. P. J. Hountondji II, à travers ses nouveaux ecrits, nous apprend à tenir à nos positions aussi longtemps que personne ne nous a convaincu. Par ailleurs, il nous enseigne l’humilité scientifique, celle de rebrousser chemin et de reconnaitre ses erreurs antérieures. Ainsi, avec P. J. Hountondji II, la philosophie africaine a une nouvelle trajectoire et beaucoup de philosophes africains n’ont pas attendu P. J. Hountondji II « pour philosopher autrement ». Ces trois figures me semblent incontournables et nous leur devons du respect. Ce livre leur est consacré et toute personne qui enseigne ou s’intéresse à la philosophie africaine doit s’interdire de répeter les « erreurs » sur P. Tempels et Hountondji. Evoluons avec l’histoire de la philosophiie africaine et avec les philosophes africains.

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jeudi 13 juin 2019

Hubert MONO Ndjana  rend un vibrant hommage et témoignage au professeur Antoine MANGA Bihina qu'il considère comme son jumeau compte tenu de leur rencontre amicale devenue fraternelle. Le témoignage ayant un caractère "pastorale" pour ne pas dire pédagogique et servant de témoignage personnel à partager avec la jeune génération qui croit que ce sont les Loges qui déterminent l'existence humaine et non Dieu YHWH, je place ce billet dans la catégorie Lettres pastorales et je suis convaincu que ce témoignage conduira, par la main de Dieu YHWH, l'un ou l'autre à rebrousser chemin et à suivre l'exemple d'Antoine MANGA Bihina.

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vendredi 31 mai 2019

La philosophie africaine contemporaine a poussé sur la terre lushoise (Elisabethville jadis) et a trouvé dans le Département de philosophie de l’Université de Lubumbashi (UNAZA jadis) un lieu propice pour sa croissance en ayant pour « jardiniers » certains  intellectuels noirs dont V.Y. Mudimbe.

Pour ma contribution, dans un premier moment, je parlerai des questions soulevées par la communication de V.Y. Mudimbe lors du débat. En outre, je présenterai les tâches confiée à la philosophie africaine dans un compte rendu que V.Y. Mudimbe a publié dans la Revue Zaîre-Congo en 1976. A la fin , dans un second moment, je ferai voir comment la philosophie africaine est en marche en suivant son bonhomme de chemin, et ce grâce aux balises mises par les philosophes africains de la génération de V.Y. Mudimbe parlant à partir de l’Université de Lubumbashi.

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Ce livre livre une philosophie de l'histoire sui generis. Mais il est intéressant même s'il ne parle pas de Hegel et de Marx.

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Comment rendrais-je Hommage à mes formateurs et Maîtres Akenda et Ndumba, si ce n’est par un article prolongeant la pensée d’un d’eux !

Je parle, ces derniers, du prosôponisme comme une philosophie de l’histoire fondée sur la rencontre. Or l’article du philosophe Ndumba, « Afrocentrisme » et inter culturalité, s’inscrit en faux contre « deux narrations de l’histoire de l’Afrique : la narration eurocentriste et la narration afrocentriste ».[1] Ces deux narrations sont des visions et orientations  différentes sur l’Afrique quant à ce qui concernent son histoire, ses civilisations, ses langues et son avenir politique.

Comme le philosophe Ndumba s’interdit de se constituer en arbitre dans ce différend et se permet de poser quelques questions sur la place de l’Afrique dans le mouvement universel de la pensée [2], je commencerai par exposer sa pensée, et ce en partant des paradoxes de la pensée philosophique, en passant par lire « Afrocentrismes » dans une vision d’interculturalité et en terminant par une nouvelle orientation de pensée et de la praxis en Afrique. C’est après que je présenterai une nouvelle narration du monde avec le philosophe Ndumba.



[1] G. NDUMBA, « Afrocentrisme » et inter culturalité, dans Philosophie africaine. Bilan et perspectives. Actes de la XVe semaine philosophique de Kinshasa, du 21 au 27 avril 1996, Kinshasa, FCK, 20012, p.243.

[2] Ibid., p.244.

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mercredi 29 mai 2019

SAVOIR ET ETRE

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Louis MPALA Mbabula

Marcel NGANDU Mutombo

 

 

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR DOCTORANT

Description : E:\DCIM\125D7100\DSC_7371.JPG

 

 

 

Editions MPALA

www.louis-mpala.com

 

 

Notre livre se veut un guide méthodologique. Il ne remplace pas un professeur, mais il ne peut guider que celui ou celle qui le prend pour une « boussole » et qui s’engage à suivre la direction indiquée.

Notre but sera atteint quand un chercheur ou un-e doctorant-e aura dit que ce livre l’a réellement aidé-e à parfaire ses recherches et à produire un travail scientifique accepté par sa communauté scientifique

 

 

 

 

 

 

Louis MPALA Mbabula est Docteur en Philosophie de l’Université de Lubumbashi et Professeur Ordinaire à l’Université de Lubumbashi. Auteur  de plusieurs écrits scientifiques et Prêtre du diocèse de Kilwa-Kasenga, Louis Mpala Mbabula a pour domaines de recherche Le matérialisme historique, La mondialisation /Altermondiamisme, La postmodernité, La philosophie de l’Histoire, La philosophie africaine et la méthodologie de la recherche scientifique.Contact : abbelouismpala@gmail.com  www.louis-mpala.com

Marcel  NGANDU Mutombo est PhD en Sciences historiques de l’Université de Laval et Professeur Ordinaire à l’Université de Lubumbashi. Auteur de plusieurs écrits scientifiques, Marcel Ngandu Mutombo a pour domaines de recherche Le genre et la méthodologie de la recherche scientifique

La  photo est de Jonathan KAMUNGA

ISBN  978-2-37959-001-6

EAN  9782379590016

 

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La Philosophie négro-africaine en marche

Par Sous la direction de Louis Mpala Mbabula

Prix de vente public :
  • 18,50 € en livre papier
  • 4,99 € en téléchargement
Résumé :

La philosophie négro-africaine est toujours en marche depuis que les Négro-africains existent, car, comme le faisait remarquer Platon, la philosophie existe puisque l’homme existe et si la philosophie est fille de l’étonnement, ce dernier est propre à tout être humain, de tout continent et de toute race. Et pourtant, il n’y a qu’une seule race : la race humaine. Le reste, à notre avis, relève de l’idéologie. Pour contribuer à l’œuvre monumentale du philosophe Hubert Mono Ndjana, le Cercle philosophique de Lubumbashi (CPLU) a pris la résolution de dialoguer avec Hubert autour de la philosophie négro-africaine. Essai d’une présentation générale. Les philosophes africains sont invités à dialoguer en croisant leurs regards.

Thème : Philosophie / Sociologie

Nombre de pages : 240

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782414337897

ISBN livre téléchargement : 9782414337903

Date de publication : 03/05/2019

 

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jeudi 8 novembre 2018

Mon ouvrage se veut une réflexion sur notre histoire et cette réflexion est d’ordre philosophique ; en d’autres termes, ma réflexion relève de la philosophie de l’histoire. L’histoire humaine est toujours interprétée afin de découvrir son sens, sens au sens de direction et de signification. Les gens se posent les questions suivantes : Avec tout ce que nous vivons, allons-nous ? Quelle est la signification de tout ce qui arrive et nous arrive ? En outre, les gens cherchent ou s’interrogent sur le moteur de l’histoire : Qu’est-ce qui fait que les choses se passent ainsi et non autrement ? Autrement dit, quel est l’élément explicatif qui fait que notre histoire (monde) suive cette trajectoire et non une autre ? Par ailleurs, l’on cherche à découvrir les vrais acteurs de notre histoire : Qui est le sujet de l’histoire ? Qui sont les vrais acteurs de tout ce qui se passe dans l’histoire (monde) ? Sont-ce les hommes ? Est-ce Dieu ? Est-ce un être mystérieux comme l’Idée ou la Raison ? Est-ce la Nature ?

À la différence de l’animal, l’homme cherche à réfléchir sur sa propre vie, sa propre histoire.

À mon humble avis, chaque philosophie de l’histoire est aussi une narration du monde. Or le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme et la Postmodernité sont quatre optiques actuellement très en vues pour comprendre le monde. Après avoir pris acte de cela, je prends position en pensant que les approches actuellement disponibles ont toutes vieillies. C’est pourquoi, je propose une cinquième narration du monde, que j’appelle volontiers le Prosôponisme, et comme on reconnaît un philosophe, selon Deleuze, par des concepts, ce néologisme de ma plume exprime l’importance accordée à la démocratie participative.

Mon intention est claire et importante. Jusqu’à récemment, on avait  souvent essayé de réagir au capitalisme en se fondant sur le Matérialisme historique qui est la conception matérialiste de l’histoire. Cette narration du monde est née dans le contexte dominé par la Modernité prônant l’idée de progrès et prêchant l’universalisme qui correspond à l’uniformisation. L’idée de progrès entraîna la révolution scientifique qui portera des fruits dont la révolution industrielle. De la sorte, la Modernité transformera la vie sociale (naissance des inégalités), la pratique économique (commerce international, apparition de la bourgeoisie et du prolétariat) et la pratique politique (démocratie, colonisation). Karl Marx, appuyé par son ami fidèle Friedrich Engels, combattra ce monde capitaliste ayant un mode de production propre à lui. Révolutionnant les forces productives, la bourgeoisie bouleverse, par la même occasion, les rapports sociaux. C’est ici que se situe le moteur de l’histoire : la lutte des classes ne constitue pas le moteur de l’homme comme le pensait Louis Althusser et quand bien même Lucien Sève donnerait aux rapports de production un rôle décisif et aux forces productives un rôle fondamental, il resterait toujours vrai que ces deux "nécessités" sont unies au sein du mode de production et leur contradiction constitue le moteur de l’histoire.

Comme le capitalisme libéral entraîne un cortège de malheurs, il y a la nécessité de le remplacer par un autre régime et c’est au prolétariat que Marx-Engels confient cette mission. Ainsi l’alternative communiste sera proposée avec son nouveau mode de production et de gestion politique. Règne de la liberté, le Communisme est la fin de la préhistoire et le début de l'histoire, car c'est seulement dans le monde communiste que les hommes seront les sujets de leur propre histoire. Voilà ce que d’aucuns ont appelé le métarécit marxien. Pour le sauver, on est venu à parler du socialisme réel. Et pourtant, les temps ont changé : les vieux remèdes ne semblent plus appropriés. Si le contexte actuel n’est plus celui dont parlent Marx et Engels, il faut donc trouver une autre démarche, une autre solution, une autre façon de traiter le problème. Cette narration du monde sera supplantée par une autre, celle de la mondialisation néolibérale. D’où Il s’agit de comprendre et de réagir utilement à la mondialisation en cours dans le monde contemporain. Vue sous l’angle philosophique, la mondialisation néolibérale apparaît comme un stade historique, une époque historique, une phase historique nommée le « Capitalisme à la place de l’État ». Propulsée par l’idéologie néolibérale (le postulat selon lequel la libre circulation des biens et services, des capitaux et de l’information produira  un résultat optimal en terme de croissance économique et de bien-être humain), la mondialisation constitue un « tournant de civilisation » opérée par la Révolution conservatrice de M. Thatcher et de R. Reagan prônant le primat du Marché sur l’homme, la politique, l’environnement et l’État, et légitimant l’omnimarchandisation. Ainsi, y a-t-il un nouveau mode de production composé de nouvelles forces productives et de nouveaux rapports sociaux de production. Le bonheur de l’homme se trouve dans le marché. Autrement dit, le monde sera meilleur et heureux, seulement et seulement si le monde est un marché. De ce fait, « le sens actuel de l’histoire des sociétés contemporaines est celui de l’évolution nécessaire, inexorable et inévitable vers la constitution d’un grand marché mondial unique, intégré, autorégulateur, The Single Market Place, dira R. Petrella. Le sujet de cette histoire n’est rien d’autre que l’ensemble des acteurs de la mondialisation néolibérale dont les principaux sont l’État, les Firmes transnationales (FTN) et les Firmes multinationales (FMN), les Organisations internationales, en l’occurrence le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, et l’ONU, les Organisations régionales dont l’UE, l’UA, l’Alena, le Mercosur, l’OTAN, la SADC, les Investisseurs privés et publics. Toutefois, suite à ses effets négatifs, je crois que la mondialisation constitue un obstacle de taille au bonheur de la plupart de l’humanité, de ces centaines de millions de personnes qui subsistent avec l’équivalent d’un Euro par jour. De ce fait, cette narration du monde est devenue un métarécit. Et l’Altermondialisme est apparu comme un rayon d’espoir, une porte de sortie possible. Je pensais que le slogan bien connu de ce mouvement (« Un autre monde est possible ») identifiait une porte de sortie ouverte par la voie d’une alternative économique ( solidaire et durable, ), politique (démocratie participative à la Porto Alegre) contraire à l’idéologie mondialiste néolibérale prédominante. Prônant une autre mondialisation où la personne humaine et le respect de la nature sont au cœur de l'économie et de la politique, l’idéologie altermondialiste est charriée par la Charte des principes du Forum Social Mondial (FSM) modifiée et approuvée par le Comité international du FSM le 10 juin 2001. Vivant la dialectique de l’Unité (l’Un) et de l’Hétérogénéité (le Multiple) en son sein, l’Altermondialisme professe l’humanisme et propose une éthique (où le défi humano-écologique fait l’objet) et se présente comme un nouveau paradigme, « le paradigme altermondialiste » qui inspire les discours et les combats altermondialistes. Cependant cette narration du monde semble s’essouffler suite à ses contradictions internes et se transforme en un métarécit.

La postmodernité, en ses différentes utopies, se présente comme une époque émergente et ne peut être comprise que par rapport à la Modernité définie sous son triple sens : le Projet moderne, l’universalisme et l’émancipation humaine. Une fois la Modernité comprise dans son essence, celle de l’Individu comme Sujet donnant sens à l’être de l’étant en tant que tel, ses caractéristiques (une conception du Sujet, puissance à la Raison, une conception de l’Histoire et de l’Idée du progrès) seront attaquées par la Postmodernité qui constatera l’échec du Projet moderne et dont les racines sont d’ordre scientifique, politique, économique, culturel et philosophique. De ces racines émergent les caractéristiques de la Postmodernité, à savoir la fragmentation de l’identité individuelle, le néo-tribalisme, le primat de l’image, le rejet de l’Histoire linéaire et de l’Idée du progrès, l’apologie du présentéisme, l’Éthique de l’Instant, le mépris du politique, la transfiguration de l’idéologie, la relativisation de la science et de la vérité. Nommée Hypermodernité par Gilles Lipovetsky, la postmodernité sera traitée de culture du capitalisme tardif par Frederic Jameson et elle est décriée par Gilles Lipovetsky, car elle est L’ère du vide, de  l’individualisme contemporain, L’empire de l’éphémère, de La mode, de la consommation, etc. Autrement dit, la Postmodernité (Michel Maffesoli) /Hypermodernité (Gilles Lipovetsky) est une narration du monde se transformant en métarécit.

Philosophe engagé dans ce monde, je voulais à la fois savoir pourquoi les remèdes apportés jusqu’ici n’ont pas marché pour rendre l’homme heureux et me rendant parfaitement compte de l’immensité du projet, j’essaie de porter jugement sur ce qui a déjà été fait afin de discerner le chemin à suivre. Ainsi je mobilise une forme de philosophie que juge potentiellement utile en pratique afin de transformer le monde et je m’engage à penser autrement la manière d’habiter le monde pour parvenir à élaborer une nouvelle philosophie de l’histoire qui favorise l’avènement d’un « autre monde possible plus juste » qui sera actualisé par un modèle démocratique participatif et prosôponiste basé sur un nouveau paradigme, à savoir le paradigme de la rencontre. Il est donc question d’une vision historique qui puise ses forces dans la capacité philosophique d’intervenir, non seulement dans le débat en cours, mais aussi et surtout dans le monde de tous les jours. Cela étant dit, je me mets sur les traces de Socrate qui prônait le rôle de la philosophie dans la cité et je crois que la philosophie, du moins une certaine philosophie, est indispensable pour la vie de la cité. Ainsi j’ai cherché des éléments pouvant m’aider à contribuer au renouveau de la philosophie de l’histoire. Et je propose la philosophie de la rencontre. Voilà ma Nouvelle narration du monde qui sera à la source d’un nouvel humanisme propre à notre ère planétaire, de l’éthique planétaire pour notre histoire et de nouvelles conceptions de la politique et de l’économie. De ce fait, j’ai trouvé un nouveau moteur de l’histoire. Ce dernier est la lutte pour la reconnaissance mutuelle en vue d’un monde meilleur. Quant au sens de l’histoire, je l’ai découvert dans la construction d’un autre monde possible plus juste à actualiser par la démocratie participative et prosôponiste basée sur le paradigme de la rencontre. C’est celui-ci qui organise mon discours sur cet autre monde possible plus juste.

Tout lecteur de mon ouvrage aura à se rendre compte que je présente une étude très fouillée et actuelle sur le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme, la Modernité et le Postmodernité.

Et je partage l’idée de mon préfacier, Tom Rockmore, Professeur Émérite de Duquesne University et Professeur à l’Université de Pékin, selon laquelle à la fin de mon étude, je reviens vers Hegel, un Hegel revu et corrigé à la lumière du goût du jour, mais Hegel quand même, celui dont Marx est parti dans les années 1840 en pensant dépasser le monde moderne pour un nouveau monde possible et surtout meilleur que celui dans lequel nous vivons. Et il poursuit : « Mpala, qui semble penser que le moment marxiste a vécu, est conscient des difficultés auxquelles le Matérialisme historiques a toujours mené. Afin de changer le monde, il change donc de paradigme en revenant au-delà du Marxisme à ses sources dans la tradition philosophique allemande. Hegel nous lègue deux idées de la plus grande importance, idées dont la tension permanente encadre en quelque sorte l’énigme complexe du monde moderne. Il y a, d’une part, l’analyse célèbre du rapport dialectique entre le maître et l’esclave. Or Hegel qui pensait que la philosophie n’arrive que trop tard, serait peut-être surpris de constater sa propre influence. Il n’est pas faux de dire que ses adeptes se confrontèrent sur le champ de bataille à Stalingrad. Son analyse du rapport entre le maître et l’esclave est souvent en question dans les mouvements de libération de nos jours. Il y a aussi, d’autre part, le concept d’identité puisé dans l’analyse épistémologique. Ce concept fonde pour ainsi dire la théorie hégélienne du monde moderne. Or selon le penseur berlinois, l’individu trouve son développement social ultime dans l’état moderne. Il n’y a donc aucun besoin de s’engager dans une révolution dont le résultat prévisible ne serait pas meilleur mais pire que la situation actuelle. Pourtant, la tension entre ces deux aperçus est palpable. La lutte de la reconnaissance suggère une situation révolutionnaire, ce que le concept d’État en tant que site de la reconnaissance de l’individu tend à nier. Si l’on ne peut atteindre la reconnaissance qu’en transformant le monde contemporain pour créer un monde nouveau, alors on ne pourra se passer d’une révolution. Mais s’il est possible de se reconnaître dans le monde moderne, le monde tel qu’il existe, ou encore en le réformant de quelque façon que ce soit, alors la réconciliation entre les hommes, ou bien la réconciliation de l’homme avec lui-même pourra s’accomplir en aménageant l’État actuel sans le détruire. Mpala, qui semble plus enclin à la réforme qu’à la révolution,  appelle de ses vœux un monde nouveau dans lequel il sera possible de construire une démocratie participative qui à l’heure qu’il est fait souvent et très cruellement défaut. Espérons que l’histoire lui donnera raison car le monde contemporain en a vraiment besoin! » Voilà qui est dit et qui m’anime. Mais je tiens à souligner que cette Nouvelle narration du monde exige que l’ONU soit remplacée par la Communauté Des Nations- CDN en sigle. Si l’ONU a pu remplacer la Société des Nations-SDN, elle n’est plus viable en ces jours où elle est sous l’emprise de certains États dont le droit de veto la rend  une Organisation des Nations Désunies.et de ce fait, certaines de ses résolutions ne seront jamais contraignantes. Avec la CDN excluant un Conseil de Sécurité et restaurant l’égalité des États, l’Assemblée Générale aura des résolutions contraignantes.

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mercredi 31 octobre 2018

L'être humain ne sait pas souvent compter son âge, car nous oublions de compter les mois passés au sein maternel. Voici mon petit CV qui ne contredit pas mon propos.

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