Professeur Abbé Louis Mpala

mardi 18 mai 2021

Le philosophe n’est pas cet homme qui, regardant de sa fenêtre le naufrage du bateau, devient le témoin pour raconter ce qu’il a vu. Le sens d’être du philosophe, dans le cas sous examen, est de voir le sens ou la direction que prend l’histoire humaine afin de lui donner un autre sens, celui de la signification, et ce en proposant une piste de solution , car , à la suite de Wittgenstein II, le philosophe a le rôle de montrer à la mouche la voie de sortie de la bouteille. En effet, en appliquant le paradigme de la simplicité dans la gestion de la res publica, les principes de race et de différentiation nous ont fait entrer dans une « bouteille » dans laquelle nous nous battons et dans laquelle la Covid-19 est venue empirer notre situation infrahumaine. Pour donner une « nouvelle orientation » ou une « signification » à notre vivre-ensemble, le philosophe Emmanuel Banywesize Mukambilwa, nous montre le chemin, celui de la Politique de l’humanité fondé sur l’Humanisme unidiversal, fruit du paradigme de la complexité. Voilà l’essence du philosophe, voilà son sens d’être, voilà sa nature sans laquelle il ne serait pas philosophe, nature résumée en ceci : voir beaucoup, entendre beaucoup, lire beaucoup et voir tout, après, sous un nouveau soleil, celui de la Politique de l’humanité assise sur l’Humanisme unidiversal, une autre voie de l’Humanisme régénéré prôné par Edgar Morin.

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En effet, depuis que l’Europe s’est donné la “mission civilisatrice” après le partage de l’Afrique comme un gâteau à Berlin, l’Afrique vit dans la tourmente permanente. Soumise par l’Europe armée, réduite à un réservoir d’esclaves et de matières premières, l’Afrique a été colonisée sans son consentement et recolonisée avec son accord [tacite]. Depuis que l’Europe s’est dite blanche et a qualifié l’Afrique de Noire, l’idéologie raciste [parce qu’en fait il existe une seule race, la race humaine], issue du paradigme de la simplicité, justifie des pratiques déshumanisantes de l’Europe envers d’autres continents. Se prenant pour le Vieux continent [par rapport à quel continent ?] et ayant forcé les autres à le croire, l’Europe continue encore à se comporter comme un Maître devant ses Elèves africains qu’elle contraint à l’imiter, à la prendre pour modèle en tout. Elle a créé des “Evolués” au temps de la colonisation; elle a laissé derrière elle des “commissionnaires” qui gouvernent par procuration depuis les pseudo-indépendances. Elle a inventé des termes comme coopération, sous-développement, Tiers-Monde, Mondialisation, etc; et les Elèves africains devaient répéter ces mots après elle. Ainsi la colonisation territoriale s’est muée en colonisation mentale: rien ne peut être reconnu valable pour l’Elève africain si son Maître européen ne le dit pas. L’Elève africain regarde avec le regard [les yeux] de son Maître.

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En effet, depuis que l’Europe s’est donné la “mission civilisatrice” après le partage de l’Afrique comme un gâteau à Berlin, l’Afrique vit dans la tourmente permanente. Soumise par l’Europe armée, réduite à un réservoir d’esclaves et de matières premières, l’Afrique a été colonisée sans son consentement et recolonisée avec son accord [tacite]. Depuis que l’Europe s’est dite blanche et a qualifié l’Afrique de Noire, l’idéologie raciste [parce qu’en fait il existe une seule race, la race humaine], issue du paradigme de la simplicité, justifie des pratiques déshumanisantes de l’Europe envers d’autres continents. Se prenant pour le Vieux continent [par rapport à quel continent ?] et ayant forcé les autres à le croire, l’Europe continue encore à se comporter comme un Maître devant ses Elèves africains qu’elle contraint à l’imiter, à la prendre pour modèle en tout. Elle a créé des “Evolués” au temps de la colonisation; elle a laissé derrière elle des “commissionnaires” qui gouvernent par procuration depuis les pseudo-indépendances. Elle a inventé des termes comme coopération, sous-développement, Tiers-Monde, Mondialisation, etc; et les Elèves africains devaient répéter ces mots après elle. Ainsi la colonisation territoriale s’est muée en colonisation mentale: rien ne peut être reconnu valable pour l’Elève africain si son Maître européen ne le dit pas. L’Elève africain regarde avec le regard [les yeux] de son Maître.

 

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dimanche 16 mai 2021

La teneur du livre justifie le titre de notre note de lecture. Le philosophe n’est pas cet homme qui, regardant de sa fenêtre le naufrage du bateau, devient le témoin pour raconter ce qu’il a vu. Le sens d’être du philosophe, dans le cas sous examen, est de voir le sens ou la direction que prend l’histoire humaine afin de lui donner un autre sens, celui de la signification, et ce en proposant une piste de solution , car , à la suite de Wittgenstein II, le philosophe a le rôle de montrer à la mouche la voie de sortie de la bouteille. En effet, en appliquant le paradigme de la simplicité dans la gestion de la res publica, les principes de race et de différentiation nous ont fait entrer dans une « bouteille » dans laquelle nous nous battons et dans laquelle la Covid-19 est venue empirer notre situation infrahumaine. Pour donner une « nouvelle orientation » ou une « signification » à notre vivre-ensemble, le philosophe Emmanuel Banywesize Mukambilwa, nous montre le chemin, celui de la Politique de l’humanité fondé sur l’Humanisme unidiversal, fruit du paradigme de la complexité. Voilà l’essence du philosophe, voilà son sens d’être, voilà sa nature sans laquelle il ne serait pas philosophe, nature résumée en ceci : voir beaucoup, entendre beaucoup, lire beaucoup et voir tout, après, sous un nouveau soleil, celui de la Politique de l’humanité assise sur l’Humanisme unidiversal, une autre voie de l’Humanisme régénéré prôné par Edgar Morin.

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lundi 14 décembre 2020

Se moquer de la philosophie, est vraiment une façon de philosopher, dit-on. En proposant dans cette note le dénigrement d’une certaine philosophie enseignée et pratiquée officiellement au Congo, je voudrais proposer une nouvelle philosophie de l’enseignement et de la pratique de la philosophie au Congo en vue de substituer la production des philosophes et philosophies congolais à l’actuelle production des diplômés congolais en philosophies étrangères. J’estime qu’il s’agit là d’une exigence impérieuse pour sauver l’activité philosophique qui, au Congo, semble inexistante du fait de son manque d’impact sur la vie sociale.

En d’autres termes, je propose (à ma façon) des pistes pour répondre à une préoccupation essentielle, celle qui doit mener à des productions philosophiques adaptées à notre praxis sociale, liées à nos luttes, répondant à nos besoins et angoisses existentiels… En effet, les sociétés européennes, idéologiquement stabilisées, ont de la philosophie une conception adaptée à la justification de leur système. Elles peuvent dès lors se permettre le luxe de faire de leurs philosophies des lieux réservés à des initiés maniant un langage ésotérique propre au métier de philosophe occidental.

En y souscrivant têtes baissées, nos intellectuels acceptent de se soumettre à une robotisation sclérosante et antiphilosophique, privant dès lors nos peuples de philosophies de référence idéelles dont, pourtant, ils ont tant besoin. Lorsque ces intellectuels monopolisent l’activité philosophique, ils condamnent leurs peuples à vivre au gré des humeurs et des intérêts du « maître inspirateur » qui, les privant de leurs facultés de développer des pensées originelles, leur propose à la place des « prêts-à-penser » idéologiques qui, souvent, consistent en des réflexions produites sur base des observations faites ailleurs. Ce qui explique le caractère indigeste de certains discours, d’autant plus qu’ils sont rendus dans une langue étrangère, avec un certain type de langage approprié qui impose une sorte de tyrannie terminologique paralysante.

J’aimerais préciser que ce texte, légèrement modifié et mise à jour, date de 1985 à la suite de ma participation à la 8ème Semaine Philosophique de Kinshasa tenue aux Facultés Catholiques de Kinshasa, l’actuelle Université catholique du Congo, en décembre 1984. A cette occasion, comme un cheveu dans la soupe, j’avais lancé la question provocatrice : « Philosophe Africain, où es-tu ? », question que MBOLOKALA qualifiera plus tard de « célèbre et inoubliable ». Il avait, en effet, compris que la question voulait soulever l'interrogation "sur l'efficacité de la pratique philosophique africaine, demander si le philosophe africain peut encore contribuer concrètement et efficacement au développement de sa société" et qu'elle invitait "à une productivité convaincante et de nature à contribuer réellement au développement social".[1]

Cette interrogation qui avait suscité une agitation philosophico-intellectuelle inattendue reste malgré tout d’actualité. En effet, à l’exception de la note intellectuellement honnête de MBOLOKALA, les autres ont réagi comme des mandarins auto-satisfaits, soucieux de se prémunir contre toute forme de critique car, comme le dit ALTHUSSER, « ce que la philosophie ne peut tolérer, c’est l’idée d’une théorie (c’est-à-dire d’une connaissance objective) de la philosophie, capable de changer sa pratique traditionnelle. Cette théorie peut lui être mortelle, car elle vit de sa dénégation »[2].

Mais, face aux enjeux du moment, j’ose, en publiant ce texte, violer un domaine réservé en vue d’apporter ma modeste contribution afin que soit délogée et enterrée la pratique philosophique en vigueur qui me paraît n’être qu’hallucination et mystification. L’objectif poursuivi est de faire recouvrer à la philosophie sa place qui doit être au centre des activités humaines dans un milieu historiquement déterminé. En m’adressant en profane aux spécialistes, conscient que je suis de mes limites dans le domaine, mon intention est d’oser poser des questions, même banales, pourvu que cela aide à soulever des questions cardinales. Il est temps que l’on repense les bases d’une épistémologie  de la philosophie en Afrique.

La note comprend trois parties. J’essaie en premier lieu de répondre à la question : « Qu’est-ce que la philosophie ? » ou, mieux : « Que doit être pour nous la philosophie ? ». En second lieu, je parle des philosophies livresques livrées sous forme professorale (académique) dans nos grandes écoles. Enfin, en guise de pistes pour la recherche, je fais allusion à quelques penseurs indigènes dont les idées peuvent être utilement exploitées pour armer philosophiquement nos masses et élites afin de les rendre plus aptes face aux multiples défis existentiels qui se dressent devant elles dans leurs luttes multiformes pour la vie et leurs aspirations légitimes à vivre mieux.



[1] MBOLOKALA Imbuli., «  Philosophe africain, où es-tu ? », in Analyses sociales, Vol. I, n° 2, Janv-Fév. 1985, pp. 37-40.

[2] L. ALTHUSSER, Lénine et la philosophie suivi de Marx et Lénine devant Hegel, Paris, Maspero, 1975, p. 15.

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jeudi 8 décembre 2016

Il est bon de lire ce texte car le débat sur l'actualité de Karl Marx a repris en cette ère de la mondialisation néolibérale.

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mercredi 23 novembre 2016

Il y a un problème pour les commentaires. Ils n'apparaissent pas pour que je les mette en ligne. De ma boite e-mail je vous répondrai illico.

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samedi 20 septembre 2014

La philosophie est une activité dont personne ne peut se passer pour la simple raison qu’elle est liée à la vie comme les lèvres aux dents. Son essence (sens) est l’amour. Celui-ci est comme une faim qui poussent l’homme à chercher à savoir plus, à aimer ce qui peut aider l’homme à être plus humain.

Ainsi on pourra dire que le but de la philosophie est la sagesse. Cette dernière se fera voir dans l’art de vivre. En outre, nous ne devons pas oublier que la finalité de la philosophie est le bonheur, autrement dit on ne doit pas vivre au brouillon donc on doit vivre pour être heureux. Et le moyen pour atteindre cette finalité est la raison. Cependant la philosophie a un moteur à savoir le désir. Pour que ce désir se réalise il y a une condition de la philosophie, à savoir l’authenticité. Celle-ci fait que chacun de nous soit réellement lui-même et pose des actes libres.

De ce qui précède, nous  dirons que la philosophie est par nature une recherche individuelle de sagesse et ce par amour raisonnable de la vie afin de jouir du plus grand bonheur possible. Sa condition est l’authenticité face à soi-même. Son but est la compréhension du monde pour posséder la science de la vie bonne et augmenter ses vertus. Les philosophes procèdent pour cela à une critique des opinions et recherchent la vérité par le dialogue avec autrui. Cependant il a pour seule exigence, la compréhension de la réalité, et ce par les concepts, pour seul moteur la force de son désir et pour seul moyen la lumière de la raison.

De ce fait, nous comprendrons que les différents grands courants de la pensée n’ont qu’un seul but celui de comprendre le monde afin d’avoir le bonheur. Beaucoup de gens disent que les philosophes sont toujours en désaccord. Cela est vrai en partie cependant il y a des points sur lesquels ils sont d’accord. Et ceux qui partagent les mêmes idées forment des écoles ou tendances philosophiques. Ainsi nous aurons par exemple l’idéalisme.


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mardi 1 octobre 2013

JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE NAVIGATION SUR NOTRE SITE.

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samedi 3 mars 2012

Peut-on penser Dieu ? Est-ce une question qu’un philosophe peut à bon droit se poser ? Ne fait-il pas ici un discours sur un objet qui, - par nature, le dépasse, parce qu’il semble dépasser la raison elle-même ? Pourtant, cette question a considérablement hanté l’histoire de la philosophie, au point de lui devenir aussi centrale que celle de la connaissance. L'acte de penser implique l'argumentation dans la mesure où celui qui pense, pense pour tous et, a le souci de convaincre tous ceux qui veulent bien penser avec lui. Il faut donc écarter le "psychologisme" qui cherche à réduire la croyance en Dieu ou l'athéisme à des considérations personnelles et qui pense l'homme plutôt que Dieu. Mais avant de nous plonger là-dessus, qu’entendons-nous par penser Dieu ? Est-ce possible ? Que laisse entrevoir cette proposition : « peut-on penser Dieu ? ».

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vendredi 31 décembre 2010

L’annonce du décès: L’annonce du décès à une famille alliée était auparavant accompagnée, dans certaines coutumes (comme l’on dit à Lubumbashi), du don d’une chèvre ou d’une poule à ceux auxquels on portait la nouvelle, mais cette pratique semble s’effacer petit à petit à Lubumbashi.  Dès le constat ou l’annonce d’un décès, les proches parents du défunt (conjoint, enfants, frères, sœurs, père et mère, oncles et tantes) sont avertis et doivent manifester sur le champ un état d’abattement et déception : certains pleurent en criant, d’autres se roulent par terre, d’autres restent abattus, effondrés, accablés,… 


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vendredi 19 novembre 2010

Pourquoi Hegel n’a-t-il pas même reconnu à l’esclave nègre, dont il connaît parfaitement le sort, au moins par ouï-dire, la position-clef philosophique et historique qu’il accorde à l’esclave « classique » ? Quelle expérience Hegel a-t-il, personnellement, du monde noir ? On peut répondre presque à coup sûr : aucune .Son monde est le monde de l’esprit, c’est-à-dire, très concrètement, le monde des livres(…)

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dimanche 7 novembre 2010

C'est une chanson de Moustaki

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dimanche 19 juillet 2009

1° Monod se veut philosophe et ainsi nous ne l’accusons pas d’avoir une philosophie spontanée comme le fait Althusser. Le sous-titre l’indique bien.

2° Monod exploite idéologiquement la science biologique au profit de son idéologie pratique, à savoir l’Ethique de la connaissance qu’il veut justifier par le postulat de l’objectivité.

3° Monod lutte pour la domination de sa philosophie sur le vitalisme et l’Animisme. Il veut se sacrifier, à toutes les critiques, pour son souverain bien, la science.

4° Par sa philosophie mécaniste, il tombe dans la confusion des genres : il étend sans aucune justification les lois biologiques à l’existence des hommes. Il compare l’évolution des idées, car il y a une sélection des idées selon lui, à celle de la biosphère. Il le fait par ANALOGIE. Il applique son modèle biologique, comparable à celui de la mécanique, à la noosphère ou au Royaume des idées, ou mieux à la société humaine. Voilà le rôle prêté à son modèle (où l’ADN dans l’organisme joue le même rôle que le moteur dans une voiture)[1].

5° Sa philosophie est aussi spiritualiste quand il proclame, dans sa Leçon inaugurale, que le langage a créé l’homme et quand il dit dans Le hasard et la nécessité que « le langage articulé… n’a pas seulement permis l’évolution de la culture, mais a contribué de façon décisive à l’évolution physique (souligné par l’auteur) de l’homme »[2].

6° La tendance philosophique de Monod est idéo-spirito-matérialiste camouflant un athéisme débouchant sur une philosophie de l’histoire où la science, non seulement est le souverain bien, mais aussi et surtout le moteur de l’histoire.



[1] A propos de ce 4ème  point, on peut lire avec intérêt Jürgen habermas,Après Marx, pour qui « l’application de ce modèle biologique à l’évolution sociale pose trois problèmes  essentiellement :

-quel est l’équivalent  social des phénomènes de mutation ?

- quel est l’équivalent social de la capacité de survie d’une population biologique ?

-quel est enfin l’équivalent de la hiérarchie des différentes espèces dans l’évolution ? »

Ces questions font voir, encore une fois, l’absurdité de l’analogie entre le biologique et le social chez Monod. L’analogie comme méthode, n’est pas mauvaise, mais elle exige certains amendements quand il s’agit d’un modèle propre à un contexte vers un autre.

[2] Ib., p.174.

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